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Budget du Québec 2022-2023 : Le milieu communautaire « déçu »

Mercredi 23 mars 2022 16:00 Juliette Poireau
Manifestation des organismes communautaires devant le bureau du ministre Lionel Carmant en février dernier. / IMAGE : TVRS

Au lendemain du dépôt du budget 2022-2023 du gouvernement du Québec, Martin Boire, directeur général de la Corporation de développement communautaire de l’agglomération (CDC AL), se dit « déçu » des sommes annoncées pour le milieu communautaire. 

Le budget prévoit 2,2 milliards de dollars sur cinq ans, dont 148 M$ pour l’année 2022-2023. De cette somme, 32 M$ sont réservés pour des mesures spécifiques, laissant donc 117 M$ pour soutenir l’action communautaire.

Le problème, selon Martin Boire, c’est qu’il s’agit d’un quart de la somme réclamée de 460 M$ par année des 4 000 organismes communautaires de la province pour rehausser le financement à la mission.

De plus, le budget de 117 M$ est destiné à 5 000 organismes, dont les 4 000 organismes communautaires du Québec et 1 000 organismes de loisirs et autres secteurs, alors que leur mission respective est bien entendu différente.

« On est à peine à 25 % de nos demandes pour continuer à jouer pleinement notre rôle qui est de répondre aux populations les plus vulnérables, se désole le directeur général de la CDC AL. Cette somme insuffisante va entraîner l’abolition de certains services et renforcer les difficultés de recrutement. »

Pourtant, des listes d’attente interminables sont observées dans les maisons d’hébergement pour femmes violentées ou pour des services en santé mentale. « Les besoins explosent partout ! En itinérance, en violence conjugale, en détresse psychologique… et c’est ça la réponse du gouvernement », mentionne Martin Boire.  

Concernant le chèque de 500 $ octroyé par le gouvernement à tous les Québécois adultes ayant un revenu annuel de moins de 100 000 $, Martin Boire ne peut s’empêcher de souligner « l’inégalité flagrante » dans cette annonce : « Un couple de deux personnes gagnant plus de 100 000 $ va recevoir un chèque de 1 000 $ (500 $ chacun), alors qu’une femme monoparentale à faible revenu va toucher un montant unique de 500 $. Qui en a réellement besoin ? »

Les organismes communautaires continueront de partager leurs revendications durant toute la campagne électorale, et ce jusqu’aux prochaines élections provinciales cet automne, dans l’objectif d’obtenir des engagements plus fermes.

Bien que Martin Boire admette la présence d’un sous-financement chronique des organismes communautaires depuis des années et les apports financiers de la Coalition Avenir Québec (CAQ) depuis son arrivée au pouvoir, ce dernier est d’avis que le gouvernement doit mieux reconnaître le rôle des organismes communautaires dans le filet social et penser à long terme les conséquences du sous-financement du milieu communautaire.

« Quels seront les coûts socioéconomiques du sous-financement des organismes communautaires ? Questionne Martin Boire. À l’échelle du Québec, chaque personne qui se retrouve à l’urgence parce qu’elle n’a pas eu le soutien psychosocial nécessaire, ça a un coût. »

À notre échelle, la fermeture de La Halte du Coin en raison d’une éclosion de COVID-19 a obligé la mobilisation de la Ville de Longueuil et d’autres ressources pour ouvrir un lieu d’urgence afin d’accueillir les itinérants du territoire. Une mobilisation qui a certainement eu un impact économique important.

« Ce qu’on ne paie pas tout de suite, on va le payer plus tard. C’est une dette qu’on laisse aux générations qui nous suivent », conclut Martin Boire.

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