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Rapport 2019 du SPAL : Moins de criminalité, mais plus de crimes contre la personne

Rapport 2019 du SPAL : Moins de criminalité, mais plus de crimes contre la personne
Photo : TVRS
Juliette Poireau
le 04 novembre à 10:45

Selon le rapport d’activités de l’année 2019 du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL), le nombre de crimes contre la personne a atteint un record, tandis que la criminalité a diminué de manière générale.

Les crimes contre la personne ont atteint leur seuil le plus élevé depuis cinq ans. On en recense 4 003, soit 149 de plus qu’en 2018, et 437 additionnels depuis 2014. Une tendance à la hausse observée dans les dernières années.  

Les voies de fait (2 291), les menaces (706) et les crimes sexuels (437) sont les crimes contre la personne les plus commis en 2019.

Quatre homicides ont été répertoriés cette année, tandis qu’aucun n’avait été inventorié en 2018. Trois individus abattus sont liés au crime organisé, et la quatrième victime est décédée à la suite d’une altercation à l’arme blanche entre jeunes.

Les crimes sexuels ont augmenté de près de 12 % dans la dernière année. Une donnée expliquée par le mouvement #MeToo et la vague de dénonciation amorcée en 2018 qui se poursuit. « Ces chiffres réitèrent l’importance de sensibiliser la population à des comportements sexuels adéquats dès leur plus jeune âge », soutient le SPAL.

Des tendances contraires sont toutefois observées selon le type d’infraction. En effet, le nombre de crimes reliés à la circulation a chuté de 275, passant de 2 351 en 2018 à 2 076 en 2019. Les délits de fuite (1 535) et la conduite avec les capacités affaiblies (469) demeurent les infractions les plus commises dans cette catégorie.

La variation la plus significative est observée au niveau des infractions en vertu de la Loi sur les stupéfiants qui a atteint son seuil le plus bas en 2019 avec une diminution de 273 de 2018 à 2019 pour un total de 442 infractions. Selon le SPAL, cette diminution est « principalement attribuable à la légalisation du cannabis », comme les autres infractions liées aux stupéfiants sont restées stables. Comparativement aux années antérieures à la légalisation du cannabis, 400 infractions de moins ont été enregistrées.

Le plus grand nombre de crimes sont ceux contre la propriété, une tendance observée depuis les cinq dernières années. En 2019, 7 240 crimes du genre ont été commis, contre 7 541 en 2018 et des chiffres similaires dans les années précédentes qui démontrent une légère baisse. Les vols de 5 000 $ et plus (2 938), les fraudes (1 593) et les vols par effraction (1 209) sont les infractions contre la propriété les plus commises en 2019.

En tout, 15 704 infractions ont été commises en 2019, tous types confondus, pour 16 428 en 2018.

Interventions policières

En 2019, 135 355 appels ont été effectués au 911 par des résidents de l’agglomération de Longueuil, dont 65 % ont nécessité l’intervention du SPAL.

La majorité des interventions, 69 %, n’était pas reliée à des infractions criminelles. On retrouve principalement des cas d’assistance au public (23 %) et d’alarme (18 %).

Parmi les 7 711 adresses visitées pour des interventions d’assistance au public, près du tiers ont été opérées au métro Longueuil–Université-de-Sherbrooke où 134 demandes ont été émises. Le SPAL a réalisé une analyse de l’ensemble des appels provenant de ce secteur pour identifier les problématiques sociales et criminelles vécues par les résidents et usagers du métro. Un plan d’action est en cours de préparation.

Le nombre d’interventions policières en matière de santé mentale est quant à lui équivalent à l’an dernier (3 376 cas contre 3 377), tandis qu’un peu moins de dossiers ont été soumis à l’équipe des Enquêtes et interventions auprès des personnes vulnérables (EIPV) (3 636 dossiers contre 3 657). Cependant, l’équipe a identifié 551 nouveaux individus vivant des difficultés, portant leur total à 1 369.

Projet Immersion

Chapeauté par le directeur du SPAL, Fady Dagher, le Programme de développement professionnel – Immersion a permis à 30 policiers de s’immerger, pendant cinq semaines, sans armes ni uniforme, au sein de diverses communautés et au contact de différentes populations à risque de marginalisation dans le but de mieux comprendre leurs réalités.

« Connaître, comprendre et respecter l’autre dans ses différences, dans l’optique de mieux travailler ensemble, sont les clés du succès et les raisons d’être du programme », lit-on dans le document.

Dans la perspective de créer et de maintenir un lien de confiance entre les policiers et les citoyens, le SPAL a également mis en place l’équipe des Enquêtes et interventions auprès des personnes vulnérables et l’équipe de prévention de la radicalisation, mobilisation et concertation des communautés.

« Ces actions et celles à venir visent à favoriser une police de concertation qui permettra au personnel du SPAL d’intervenir de manière adéquate, évitant le risque d’escalade en situation de crise. »

Plusieurs autres activités communautaires ont été organisées par le SPAL, dont le concert-bénéfice contre l’exploitation sexuelle, une consultation publique pour connaître les attentes et volontés des citoyens, la campagne #nonauxdistractions ou encore la visite guidée de la petite Noémie Mercille, passionnée du monde de la police, qui vient tout juste de décédée après un long combat contre deux cancers.


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