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Policiers et itinérants : une réalité transformée par la pandémie

Policiers et itinérants : une réalité transformée par la pandémie
Les agents Serge Ricard et Mélanie Mercille discutent avec Mme Bisous, une dame qui fréquente quotidiennement le métro Longueuil.
Juliette Poireau
le 17 mars à 16:49

La relation entre les policiers du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) et les personnes en situation d’itinérance a entièrement changé avec l’arrivée de la pandémie et des nouvelles mesures sanitaires.

« Avec les nouvelles règles, les itinérants sont davantage irrités et les interventions sont difficiles, confie l’agent Serge Ricard. C’est à nous d’adapter notre façon d’intervenir et d’essayer de mieux les comprendre. »

En sortie avec le patrouilleur Serge Ricard, TVRS s’est retrouvé en plein cœur du métro Longueuil-Université-de-Sherbrooke où la fébrilité était palpable.

« Les usagers sont plus agressifs, plus impatients, on ressent une énergie négative constante », explique l’un des agents du binôme affecté au métro qui a préféré garder l’anonymat.  

Le policier confirme que les interventions avec les itinérants sont plus difficiles depuis le début de la crise. Il observe également une augmentation de la consommation de drogues et d’alcool et une hausse marquée de la détresse chez ce groupe d’individus.

« Dans la vie avant la pandémie, ils pouvaient se réfugier de soir ou de nuit dans les endroits où on les acceptait, mais aujourd’hui avec le couvre-feu ils se sentent traqués, ajoute l’agent Serge Ricard. On les a à l’œil, alors qu’avant on les laissait tranquilles. »

En effet, certains lieux autrefois accessibles pour les itinérants ne le sont plus en ce moment, que ce soit les commerces ouverts 24 heures, les bars ou les parcs. D’ailleurs, le binôme de policiers du métro Longueuil remarque l’arrivée de nouveaux visages depuis le début de la crise.  

Toutefois, le nombre de personnes en situation d’itinérance qui fréquentent le métro Longueuil est en chute libre, selon le duo d’agents sur place. En février 2020, une soixantaine d’entre eux se trouvaient dans ce secteur, alors qu’il y en a plus que quelques-uns à l’heure actuelle.

« La multiplication des ressources d’hébergement a permis à de nombreux itinérants de trouver refuge, ce qui est une bonne nouvelle pour eux », soutient un policier.

Effectivement, en plein cœur de la pandémie, le centre d’hébergement d’urgence la Halte du coin voit le jour en été. Depuis son ouverture, la capacité quotidienne maximale de 25 personnes est atteinte tous les jours. Un besoin qui manque grandement sur la Rive-Sud, quand on pense que ce service est le premier déployé sur le territoire. Les mois suivants, la Halte chaleur s’est installée à proximité du métro pouvant accueillir jusqu’à cinq personnes à la fois pour se réchauffer et se reposer.

C’est d’ailleurs le point positif de la pandémie pour les personnes itinérantes : l’augmentation des ressources de soutien.

Sur les lieux, nous avons eu la chance de discuter avec un itinérant bien connu du SPAL, Jacques, qui nous explique ce que la pandémie a apporté de positif dans la vie des gens comme lui : « La chance qu’on a, avec la pandémie, c’est qu’on a beaucoup plus de ressources qu’en temps normal. On a la chance d’avoir des ouvertures dans les centres d’hébergement, ce qu’on n’avait pas avant. »

Selon lui, la population en générale prête davantage attention aux personnes itinérantes, démontrant plus de sensibilité envers leur cause qu’avant la crise sanitaire. « Avant, on était simplement ignoré », rappelle-t-il.

 


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