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Des refuges prêts à accueillir la quinzaine de cerfs de Virginie de Longueuil visés par une opération d’abattage

Des refuges prêts à accueillir la quinzaine de cerfs de Virginie de Longueuil visés par une opération d’abattage
Juliette Poireau
le 13 novembre à 14:35

Le dossier concernant l’abattage d’une quinzaine de cerfs de Virginie au parc Michel-Chartrand de Longueuil a suscité beaucoup de réactions. Une pétition, une manifestation, et la sortie de plusieurs organisations proposant leur aide pour éviter la mort de ces animaux.

Dans une vidéo Facebook, Éric Dussault, directeur général des opérations et de la formation de Sauvetage animal rescue, offre publiquement l’aide de l’organisation pour procéder à la capture et au transport des chevreuils visés par l’opération d’abattage de la Ville de Longueuil afin de les déplacer dans un refuge.

Le Miller Zoo de Frampton, un jardin zoologique et un centre de réhabilitation de la faune a déclaré, en collaboration avec la Ferme 5 étoiles de Sacré-Cœur, être « prêts à accueillir conjointement tous les cerfs menaçant l’écosystème du parc Michel-Chartrand ».

Et ce ne sont pas les seuls, le Sanctuaire pour animaux de ferme de l’Estrie (SAFE) propose également de recevoir ces animaux. L’organisme se dit « très préoccupé par le projet d’abattage de 50 % de ce troupeau de chevreuils ». De ce fait, SAFE a contacté la Ville de Mansonville et le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs pour avoir l’autorisation d’accueillir les bêtes.

Éric Dussault explique que Sauvetage animal rescue a tous les équipements et le personnel nécessaires pour procéder au déplacement des animaux. « Nous avons des vétérinaires et des sauveteurs qui sont prêts à travailler jour et nuit pour éviter ce massacre », confie-t-il en entrevue.

Il s’agit d’une opération « facile », selon lui, sachant en plus que les cerfs ont déjà des endroits pour les recevoir. « Ce qui est difficile, c’est d’avoir l’autorisation de la Ville de Longueuil. C’est à elle que revient la décision », explique-t-il.

Le sauveteur n’est toutefois pas très enthousiaste quant à la suite des choses : « Une Ville qui recule sur une décision, c’est très rare. » Pourtant, Éric Dussault assure qu’il s’agirait d’un service entièrement gratuit et pris en charge par des professionnels de la faune. Le plan actuel de la Ville s’élève à des coûts d’au moins 65 000 $.

« Ce qu’on souhaite, c’est que la Ville de Longueuil retarde l’intervention pour reprendre les discussions et voir avec nous de nouvelles solutions », déclare M. Dussault.

L’organisme Sauvetage animal reçoit des centaines de messages par jour concernant cette situation, critiquant vivement la décision de la Ville de Longueuil.

Déplacer les cerfs, une opération dangereuse pour leur vie

La biologiste Anaïs Gasse du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs explique que le déplacement des cerfs de Virginie dans un nouvel habitat est une opération dangereuse pour leur vie, c’est d’ailleurs pourquoi la Ville de Longueuil a renoncé à cette solution.

« Au niveau biologique, pour le cerf, c’est un événement vraiment stressant qui occasionne un changement métabolique. Dans la grande majorité des cas, plus de 50 % des cerfs sont retrouvés morts quelques heures ou quelques jours plus tard après l'événement. »

Cependant, Éric Dussault pense que cet argument n’est pas valide : « Ça revient au fait de voir le verre à moitié vide ou à moitié plein. À mon avis, si on peut sauver au moins 50 % des cerfs de la mort, si ce n’est pas plus, ça vaut la peine de tenter le coup. »

L’opération de déplacement serait faite en trois temps : la capture, la sédation et le transport. « Une opération surveillée de près par nos vétérinaires et nos professionnels ».

Éric Dussault est toutefois d’accord sur le fait que de déplacer les cerfs du parc Michel-Chartrand dans un endroit sauvage ne soit pas une solution envisageable, parce que les animaux sont « très humanisés par le milieu de vie urbain ». C’est pourquoi les amener dans un refuge, avec des confrères et des hommes, reste pour lui la « solution idéale ».

Finalement, concernant la transmission de maladie à d’autres bêtes, le sauveteur assure que des prises de sang seront effectuées lors de la sédation des cerfs pour détecter s’ils sont malades. « Honnêtement, il y a 99 % de chance que ces animaux soient en parfaite santé », soutient-il. De plus, les chevreuils seront isolés à leur arrivée au refuge pour être examinés.

Bien que la Ville de Longueuil ait annoncé son opération comme « éthique » et sous le principe du « bien-être animal », Éric Dussault souligne que « le bien-être animal n’est pas respecté si on parle d’abattage ».

Réactions de la Ville de Longueuil

La Ville de Longueuil confirme qu’elle « n’a pas l’intention de modifier son opération ». Elle réitère que le déplacement des animaux faisait partie des solutions étudiées, mais qu’elle a opté pour la capture et l’euthanasie immédiate d’une quinzaine de cerfs de Virginie et de la revalorisation de la viande, une pratique autorisée par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.

La Ville affirme avoir « observé ce qui se faisait ailleurs », notamment en Utah, où « la Ville de Salt Lake City a interrompu un projet pilote de relocalisation de cerfs parce qu’elle s’est rendu compte que plus de 50 % des cerfs mourraient à petit feu, parce qu’ils n’étaient pas adaptés aux changements et qu’ils s’étaient causé eux-mêmes des blessures lors du déplacement ». La ville américaine a finalement opté pour une opération similaire à celle de Longueuil.

Le parti de l’opposition officielle, Longueuil Citoyen, se dit « choqué » par le scénario proposé par la Ville et assure être en mode « écoute des citoyens ».

« Nous sommes nous aussi choqués par le scénario proposé. Nous comprenons que la survie de l’écosystème du parc Michel-Chartrand et la sécurité des citoyens est en jeu si rien n’est fait, mais nous souhaitons une alternative viable à l’abattage des cerfs auxquels les visiteurs du parc sont attachés. Actuellement, nous analysons toutes les informations et les suggestions que nous recevons. Nous ferons connaître notre position lors de la prochaine séance du conseil », a déclaré le chef de l’opposition, Xavier Léger.

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Commentaires

Je crois que si les bêtes se retrouve en refuge,elles seraient bien et pas trop dépayisées, A mon avis, la mort n'est pas une solution pour personne!!! Merci

le 14 novembre à 16:12, par Lise Gravel,

Entre une mort assurée aux mains d'humains et une tentative de sauvetage effectuée par des experts dévoués et amoureux des animaux, y me semble que le choix est clair!

le 16 novembre à 22:16, par Lyne Laquerre,

J'habite à côté de ce merveilleux parc. J'aime ces cerfs! Ils sont très "humanisés", à l'aise en notre présence, confiants à nos côtés. Ce sont les bases de l'amitié, n'est-ce pas? Alors depuis quand des amis te laissent tomber si froidement, sans tenir compte de TA VIE? Je ne comprends pas le choix de les abattre quand tant de monde veut qu'ils soient déplacer dans des refuges pour ainsi leur assurer une vie ailleurs, proche des gens capables d'en prendre soin et de les aimer! Ils seront avec d'autres cerfs et pourront tranquillement se refaire une vie! Ce n'est pas celle-ci la seule solution humaine et juste pour ces cerfs qui ont apporté tant de joie et de paix dans nos vies? Merci de me donner la chance d'exprimer mon opinion et je compte sur les gens de la ville de Longueuil qui feront preuve de bienveillance et qui auront un coeur assez grand pour considérer la VIE de ces êtres si chers pour nous!

le 18 novembre à 00:04, par Vivian Balthazard,

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