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Violence conjugale: Plus de 5000 demandes d'aide en Montérégie en 2025

Mercredi 21 janvier 2026 13:46 Bettie Desjardins
Image : Protecteur du citoyen

Les demandes d'aide pour violence conjugale dans la région de la Montérégie chez l'organisme SOS violence conjugale seraient passées de 2 000 en 2019 à plus de 5 000 en 2025.  

D'après Claudine Thibaudeau, responsable du soutien clinique et de la formation chez SOS violence conjugale, cette hausse assez importante pourrait être expliquée en raison d'une meilleure sensibilisation faite auprès des victimes toutefois, elle croit qu'il y a encore beaucoup de chemin à faire pour avoir un impact au niveau des personnes qui exercent la violence.  

« Je ne dirais pas qu’il y a plus de violence envers les femmes, je dirais plus qu’il y en a toujours eu énormément et on ne fait actuellement que voir la pointe de l’iceberg. […] Je pense qu’il y a des conditions en ce moment qui peuvent mettre les femmes plus en danger. Les mouvances de droite, les discours antiféministes qui parlent du droit de prendre le pouvoir dans la relation de couple qu’on voit de plus en plus sur les réseaux sociaux. Il y a un retour en arrière au niveau des valeurs. On n’avait pas encore réussi à vaincre le sexisme et là on est en train de perdre du terrain. Donc ça met les femmes plus en danger parce que ça red la violence légitime», a ajouté Mme Thibaudeau.  

Les centres d'hébergement débordent également. En 2025 se serait près de la moitié des femmes qui se serait fait refuser une place dans un refuge en Montérégie d'après les informations de SOS violence conjugale.  

C'est une réalité qui touche gravement la maison d'hébergement Carrefour pour elle à Longueuil qui héberge en moyenne de 85 à 100 femmes par année, mais qui doit refuser près de 450 demandes.  

« On n’est même pas à 25% du nombre de femmes qui souhaitent être hébergées qui sont hébergées. Ce n’est pas pour rien que le Carrefour pour Elle souhaite construire pour la prochaine année une maison de deuxième étape pour pouvoir offrir des appartements de transition sécuritaire pour les femmes et permettre à la maison de première ligne d'avoir plus de femmes qui vont bénéficier d’hébergement », a expliqué Marie-Christine Plante, directrice générale du Carrefour pour Elle.  

Les femmes qui se verraient refuser une place dans la maison d'hébergement seraient redirigées vers d'autres ressources sur le territoire comme le Pavillon Marguerite de Champlain à Saint-Hubert, la Maison Simonne-Monet-Chartrand à Chambly ou vers SOS violence conjugale. 

Plusieurs enjeux pourraient faire en sorte de garder les femmes plus longtemps dans une situation de violence conjugale dont entre autres la sécurité de leurs enfants ainsi que la crise du logement, ce qui pourrait mener à des féminicides d'après Mme Thibaudeau.  

La Table de concertation des groupes de femmes de la Montérégie (TCGFM) aurait lancé en novembre dernier la deuxième phase de leur campagne #LaProchaineEstEncoreEnVie qui serait toujours en cours pour prévenir les violences basées sur le genre et les féminicides. Rappelons que depuis le début de l'année 2026, quatre féminicides seraient déjà survenus au Québec, dont un en Montérégie.  

« Quand il y a une suite de féminicides, comme on le vit actuellement, on a vraiment cette explosion-là, cette crainte-là réelle que les femmes vont vivre de dire : c’est peut-être moi la prochaine », a expliqué Jennifer-Ann Dooling, intervenante à la Re-Source et porte-parole de la campagne #LaProchaineEstEncoreEnVie. Les détails de leur campagne sont disponibles sur leur site internet.  

Des ressources pour les personnes victimes de violence conjugale sont disponibles 24h/7 sur le site internet de SOS Violence conjugale ou par téléphone au 1 800 363-9010.  

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