Communauté métropolitaine de Montréal : Investir dans le transport collectif permet d’améliorer la compétitivité des entreprises et le pouvoir d’achat des ménages
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| Image : Youtube Communauté métropolitaine de Montréal |
COMMUNIQUÉ – Une nouvelle étude d’impact économique de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), produite en collaboration avec la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), révèle l’ampleur des dépenses associées au transport par automobile dans le Grand Montréal, un secteur qui s’avère un facteur d’appauvrissement. A contrario, le transport collectif constitue un secteur économique stratégique pour améliorer la productivité des fonds publics, la compétitivité des entreprises et le pouvoir d’achat des ménages.
Pendant des décennies, les choix d’aménagement et de mobilité ont largement privilégié l’automobile, souligne l’étude intitulée Le transport collectif, un projet économique de société. Ce mode de transport est pourtant coûteux pour les ménages et offre un rendement limité pour la collectivité, générant davantage de coûts que de bénéfices. Pour bâtir une économie plus compétitive, attractive, solidaire et résiliente, les modèles de développement et de financement doivent évoluer en faveur du transport collectif, conclut l’étude.
Coûteux transport par automobile
En 2024, un peu plus de 2 millions de véhicules de promenade étaient en circulation dans la région métropolitaine de Montréal. Cette motorisation entraîne chaque année 24 G$ de dépenses pour les ménages du Grand Montréal. Les véhicules privés occupent d’ailleurs une part importante du budget des foyers motorisés, le transport étant habituellement le deuxième poste de dépenses le plus important, derrière le logement, mais devant l’épicerie.
L’importante motorisation du Grand Montréal a aussi un impact sur la congestion automobile, qui a conduit à des pertes économiques de 6 G$ en 2023, ce qui représente 2,1% du PIB de la région et près de 2 600 $ par véhicule en circulation. La vaste majorité de ces coûts (87 %) sont attribuables au temps perdu et aux retards, les automobilistes perdant près de 60 heures par année dans la congestion. En plus d’affecter la qualité de vie des personnes, la congestion mine la compétitivité des entreprises en raison des délais de livraisons, des coûts logistiques additionnels et des retards qu’elle provoque.
En utilisant le modèle intersectoriel du Québec (MISQ), développé par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), l’analyse de la CMM démontre que le transport par automobile constitue un facteur d’appauvrissement. Ainsi, le transport par automobile génère une valeur ajoutée au PIB 3,2 fois moindre que le transport collectif. De plus, le secteur du transport par automobile génère 3,8 fois plus de fuites économiques, principalement en importations, que celui du transport collectif. Enfin, le secteur du transport collectif contribue à soutenir 2,5 fois plus d’emplois au Québec qu’une dépense équivalente dans le transport automobile privé.
Investir dans le transport collectif est donc rentable, mais aussi nécessaire. L’absence de services de transport collectif aurait un impact dévastateur sur la congestion alors qu’environ 690 000 véhicules s’ajouteraient quotidiennement sur les routes du Grand Montréal, selon une évaluation de Golder Associés.
Essentiel transport collectif
Le transport collectif favorise la croissance économique et la production locale, soutient la création d’emplois et réduit la congestion, souligne l’étude de la CMM. Il a aussi un impact direct sur les dépenses des ménages et leur résilience financière. Au cours des 15 dernières années, les ménages du Québec ont dépensé en moyenne 9 200 $ par année pour des véhicules privés. Puisque la disponibilité du transport collectif permet de réduire l’utilisation d’automobiles et les dépenses qui y sont associées, une transformation progressive du modèle d’aménagement et des pratiques de mobilité permettrait une réallocation des sommes consacrées à la voiture. Cela améliorerait le confort et le pouvoir d’achat de nombreux ménages et profiterait à l’économie québécoise.
Pour les ménages à faible revenu, les dépenses incompressibles, comme la possession d’une automobile, réduisent d’autant leur flexibilité budgétaire et accentuent leur précarité financière. Pourtant, près de la moitié des ménages à faible revenu possède au moins une voiture. La construction de logements abordables à proximité d’axes de transport actif et collectif, l’amélioration de l’accès aux services de transport collectif et la réduction de la motorisation contribueraient donc à réduire la pauvreté et les inégalités sociales.
Le transport collectif demeure par ailleurs un levier efficace pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), alors qu’il en génère 3,5 fois moins que le transport automobile privé. En 2026, le coût social des émissions du transport s’élève à plus de 2,4 G$. Ces coûts sont liés notamment aux inondations urbaines, aux feux de forêt, aux canicules, aux vents violents et aux décès prématurés.
L’étude de la CMM conclut que chaque dollar investi dans le transport collectif contribue à l’atteinte de plusieurs cibles collectives en matière de développement économique, de santé, d’environnement, d’inclusivité et de mixité sociale. Il s’agit de l’un des secteurs économiques qui génèrent le plus de bénéfices et dans lesquels il est le plus rentable d’investir. Dans le cadre des élections provinciales, la CMM demande aux partis politiques de s’engager à adopter un cadre financier pérenne et prévisible pour le transport collectif, un programme structuré de maintien des actifs et un rééquilibrage des investissements en mobilité dès 2028.
Citations
« L’étude de la CMM démontre de façon éloquente les nombreux bénéfices économiques et sociaux du transport collectif. Nous devons maximiser ces retombées grâce à un réinvestissement structurant et pérenne dans le réseau, mais aussi une planification qui place la mobilité durable au cœur des aménagements, comme le prône le Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD). L’amélioration des conditions de circulation dans le Grand Montréal est essentielle pour accroître la performance globale de l’économie, rendre les entreprises plus compétitives et améliorer la qualité de vie de la population. Cela passe par un réseau de transport collectif structurant, performant et accessible, qui permettra aussi de développer des milieux de vie durables et attractifs », a déclaré Soraya Martinez Ferrada, mairesse de Montréal et présidente de la Communauté métropolitaine de Montréal.
« Le transport collectif n’est pas seulement un service public : c’est un actif économique stratégique pour le Grand Montréal. Cette étude démontre qu’investir dans nos réseaux génère davantage de richesse et d’emplois ici, tout en réduisant les coûts liés à la congestion et à la dépendance à l’automobile. Pour nos entreprises, cela signifie un meilleur accès à la main-d’œuvre et une économie plus productive ; pour les ménages, davantage de pouvoir d’achat. Dans un contexte où les ressources publiques sont limitées, nos choix d’investissement doivent soutenir en priorité les infrastructures qui renforcent durablement la compétitivité de la métropole », a affirmé Isabelle Dessureault, présidente et cheffe de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

