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Le CAFAL déplore le trou de service concernant l’accompagnement des survivantes d’agressions sexuelles du territoire de l’agglomération de Longueuil

Le CAFAL déplore le trou de service concernant l’accompagnement des survivantes d’agressions sexuelles du territoire de l’agglomération de Longueuil
Image : CAFAL
Juliette Poireau
le 27 novembre à 12:15

Le Comité d’Actions Féministes de l’Agglomération de Longueuil (CAFAL) interpelle le ministère de la Santé et des Services sociaux pour créer un Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) pour répondre au manque de ressource concernant l’accompagnement des survivantes d’agressions sexuelles du territoire.

Cette réflexion s’inscrit dans le cadre des 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes. Avant de se mobiliser pour le mouvement, les membres du CAFAL ont constaté « le manque criant de services et de soutien aux survivantes d’agression sexuelle sur notre territoire ». Dans une vidéo publique, ces femmes discutent de ce trou de service et suggèrent la création d’un CALACS.

« Alors que les différentes vagues de dénonciation ont démontré le courage sans équivoque des survivantes, il est temps que nous nous donnions les moyens d’agir afin de les soutenir adéquatement sur notre territoire », soutiennent-elles.

Les membres du comité rappellent que les agressions sexuelles ont de « lourdes conséquences » sur la vie quotidienne des victimes : symptômes de dépression majeure, pensées noires, limitation fonctionnelle au travail, à l’école et dans leur vie sociale, difficultés relationnelles, etc.

« Il manque des ressources pour les accompagner dans leur reconstruction », affirme Sophie Tétrault-Martel du Centre des femmes de Longueuil.

Bien que de nombreux organismes du territoire peuvent venir en aide à ces survivantes, il ne s’agit que d’interventions ponctuelles. Le suivi à long terme est impossible, parce que les organisations ne sont pas spécialisées dans l’accompagnement des traumas liés à une agression sexuelle. De plus, les intervenantes ne savent pas où diriger les victimes, car les ressources sont inexistantes.

Elles déplorent également le manque de sensibilisation en lien avec les agressions sexuelles. « On met beaucoup l’emphase sur les symptômes engendrés par ces agressions, mais rarement sur les causes d’un tel geste », soulève la porte-parole du Carrefour pour elle.

Leur vision est de mettre en place un centre qui permettrait de soutenir les survivantes pour qu’elles reprennent le pouvoir sur leur vie avec une intention de défense de droit des victimes où des intervenants formés en procédure juridique pourraient accompagner les plaignantes à la cour.

« Il faut trouver une écoute qui respecte le choix des victimes, tout en les accompagnant dans le processus juridique et dans les autres facteurs de leur vie pour qu’elles retrouvent leur pouvoir individuel et collectif », détaille la représentante de la Ligne Info juridique.

L’endroit proposerait des activités de groupe, d’entraide et de solidarité afin que les survivantes se soutiennent entre elles dans leur processus de reconstruction, et ainsi, briser leur isolement.

Le centre travaillerait aussi sur la prévention et la sensibilisation concernant les agressions sexuelles auprès de la population, en plus de jouer un rôle de porte-parole pour les survivantes et de militant contre ces actes.

Les travailleuses et militantes proviennent de milieux communautaires différents, bien qu’ils soient complémentaires aux services offerts dans un CALACS. De ce fait, il est nécessaire d’avoir des intervenants spécialisés. C’est pourquoi le CAFAL s'est également adressé au CISSS de la Montérégie-Centre.

Sophie Tétrault-Martel explique que « les CALACS reçoivent un financement de base du Programme de soutien des organismes communautaires (PSOC), qui est financé par le ministère de la Santé et des Services sociaux » pour la mission de l’établissement.

« Nous pourrions être à la base de ce constat de manque de services étant des groupes interpellés par le sujet, mais il faut qu’il y ait une volonté politique et institutionnelle qui nous donnerait les moyens de faire ce projet. Les organismes communautaires sont à bout de souffle en ce moment », affirme Sophie Tétrault-Martel.

Les députés du territoire ont aussi été contactés.


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