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Érosion des berges du Saint-Laurent : lancement d’un recours collectif contre le gouvernement fédéral

Érosion des berges du Saint-Laurent : lancement d’un recours collectif contre le gouvernement fédéral
Juliette Poireau
le 10 août à 14:00

Le Comité pour la protection des berges du Saint-Laurent (CPBSL), un regroupement de riverains de Varennes, Verchères et Contrecœur, a déposé en janvier dernier à la Cour supérieure, une demande d’autorisation d’action collective contre le gouvernement fédéral pour son indifférence à la situation critique de l’érosion des berges.

Le député bloquiste de Pierre-Boucher–Les Patriotes–Verchères, Xavier Barsalou-Duval, la présidente du CPBSL, Micheline Lagarde, et le meneur de l’action collective, Me Olivier Laurendeau, se sont adressés aux médias ce matin, lundi 10 août, pour en faire l’annonce.

Dans ce secteur du Saint-Laurent, les rives sont particulièrement proches du chenal, et le transport maritime érode les berges avec la puissance des vagues, ce qui détruit les terrains de centaines de citoyens.

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« Sur 25 km de berges, environ 50 % des terrains riverains des trois municipalités seraient touchés par l’érosion », rapporte Micheline Lagarde se basant sur une étude dirigée par le CPBSL auprès des citoyens concernés.

Le montant demandé dans le cadre de ce recours collectif pourrait atteindre les 50 M$, considérant la dégradation significative des terrains. « Des maisons sont sur le point d’être endommagées, des murets sont détruits, des trous se forment dans le sol, on ne peut plus profiter de nos terrains parce que cela devient trop dangereux, se désole Mme Lagarde. J’ai vu des gens pleurer tellement ils sont inquiets de se ruiner tant les travaux sont dispendieux. »

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En effet, un citoyen voulant agir de façon individuelle pour sauver sa propriété de l’érosion et procéder aux ouvrages de protection nécessaires doit débourser des centaines de milliers de dollars de travaux et de permis. Par exemple, pour un mètre de front linéaire du fleuve, on estime le coût des ouvrages à 4 000 $. Certaines maisons ont plus de 80 m de front linéaire.

Cela fait maintenant près de 20 ans que les riverains demandent l’aide du gouvernement fédéral pour protéger les berges du Saint-Laurent, et par la même occasion leur propriété. Néanmoins, malgré de nombreuses actions posées, comme le dépôt d’une pétition de 2 300 signatures en Chambre des communes par le député Xavier Barsalou-Duval, Ottawa ne semble vouloir collaborer. « Le gouvernement canadien n’a pas seulement fait preuve de négligence en laissant dépérir la situation, mais aussi de déni à l’égard des responsabilités qui lui incombent », s’est-il exprimé.

« À l’heure actuelle, les protections en place sont en fin de vie et lourdement endommagées. Il est temps de reconnaître la gravité de la situation. Ces terrains doivent être protégés par des ouvrages solides capables de résister à long terme à l’action des vagues causées par la navigation commerciale », a déclaré Me Laurendeau.

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C’est pourquoi les riverains déposent dès maintenant une action collective à la Cour supérieure contre le gouvernement fédéral afin qu’il reconnaisse l’importance des préjudices engendrés par l’érosion des berges tant pour les citoyens que pour la faune et la flore, et qu’il prenne la responsabilité de protéger les rives.

Le dossier devrait être mis sur les rails à la fin du mois de septembre, et l’autorisation du recours collectif pourrait suivre dans les six mois suivants dans un scénario optimiste.

Photos : Page Facebook du Comité pour la protection des berges du Saint-Laurent


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