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Temps de réflexion

Temps de réflexion
Franck Michel
le 04 mai à 00:00

La semaine dernière avait lieu à Trois-Rivières un important colloque intitulé Essor de la vie culturelle au 21e siècle : politiques, interventions et initiatives. Organisé par l’Université du Québec à Trois-Rivières et l’Université de Grenoble (France), en partenariat avec Culture pour tous et le Groupe de recherche sur la médiation culturelle, il réunissait, pendant trois jours, professeurs, étudiants, muséologues, médiateurs, artistes et gestionnaires culturels. Ce colloque entendait « contribuer à dresser un bilan franco-québécois des formes qu’a prises l’essor de la vie culturelle, en proposant des réflexions et des échanges autour de problématiques regroupées en trois axes thématiques :

  • politiques publiques en culture : prendre la mesure de la vie culturelle à l’intérieur/hors du secteur culturel;
  • interventions à la faveur de la culture : relier l’offre culturelle et les publics;
  • initiatives culturelles citoyennes : favoriser l’inclusion et la participation/soutenir la diversité des expressions culturelles. »

La majorité des présentations du colloque était axée autour des pratiques innovantes en culture : médiation culturelle et intellectuelle, art relationnel, démarches citoyennes, etc. La diversité de ces dernières, articulées autour de résultats de recherche, de projets artistiques et de missions d’organisme, illustrait la pluralité des pratiques et mettait en lumière à la fois ses forces,  ses impacts positifs,  ses difficultés et ses écueils. À l’heure de la refonte de la politique culturelle québécoise, ce temps de réflexion et d’échange était plus que bienvenu. De manière globale, il a permis de mettre en perspective les défis et les enjeux économiques, politiques et sociaux auxquels le développement culturel fait face aujourd’hui et devra faire face dans les prochaines décennies. Seul bémol, les enjeux de la culture en milieu rural n’ont pour ainsi dire pas été abordés à l’exception d’initiatives réalisées dans des communautés autochtones et les projets d’Anne Ardouin, chercheuse, réalisatrice et artiste montérégienne.

Citoyenneté culturelle des jeunes

Pour notre part, ma collègue Dominique Lapointe, agente de développement au Conseil de la culture du Bas-St-Laurent, et moi-même, présentions, au nom du Réseau des conseils régionaux de la culture du Québec (RCRCQ), la démarche autour de la citoyenneté culturelle des jeunes. Après un bref historique relatant les grandes étapes de ce vaste chantier, nous avons présenté en primeur les objectifs issus du rapport synthèse, la signature visuelle de la campagne nationale RE_CRÉATION, deux capsules vidéo réalisées par le CRC du Bas-Saint-Laurent, ainsi que la charte d’engagement que nous avons récemment élaborée. Cette occasion nous a permis de récolter nos dix premiers signataires et de faire la promotion de la campagne nationale que nous souhaitons mettre en branle à la fin mai et qui atteindra son apogée en septembre, à Québec, avec la tenue d’un événement médiatique.

Écosystème culturel

Pour faire suite à ce colloque, qui proposait plutôt un état des lieux, il s’avère difficile de formuler des conclusions. De mon point de vue, cependant, un constat incontournable en ressort : bien que les pratiques innovantes soient indéniablement profitables et les plus aptes à faire face aux mutations et tensions de notre société, il ne faut pas laisser pour compte les pratiques conventionnelles.  Il existe encore des expositions en salle, des spectacles sur scène, des livres dans les bibliothèques et des artistes créant seuls dans leur atelier, qui ont leur raison d’être et leur place dans l’écosystème culturel. Les unes ne doivent pas marginaliser les autres ou vice-versa. Pour se développer et joindre le plus grand nombre, la culture a besoin d’une multiplicité de pratiques. Un des défis auquel nous devons faire face est de faire dialoguer et cohabiter harmonieusement ces pratiques, pour le bien commun.

Rappel amical…

En terminant, je vous rappelle l’importance de participer à la démarche de renouvellement de la politique culturelle du Québec. Même si vous ne pouvez ou ne voulez pas déposer de mémoire, vous pouvez participer en remplissant le questionnaire en ligne. Ce questionnaire ne demandera qu’une quinzaine de minutes de votre temps. Quinze minutes pour l’avenir de la culture du Québec, c’est bien investi!


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