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COVID-19 : Témoignage d’un retour de l’étranger, pas de mesure aux aéroports

COVID-19 : Témoignage d’un retour de l’étranger, pas de mesure aux aéroports
Aéroport de Cebu, Philippines.
Juliette Poireau
le 23 mars à 11:45

Il y a une semaine, j’écrivais un article sur un couple de La Prairie qui se trouvait coincé aux Philippines en raison de la crise du coronavirus. Ils sont de retour au Québec, et leur témoignage sur les mesures de santé publique dans les aéroports démontre de grandes lacunes.

Naomi Bédard et William Desroches ont entamé leur procédure de retour le vendredi 13 mars, le lendemain de l’annonce de l’état d’urgence du gouvernement du Québec. Leur vol prévu pour le 18 mars a été annulé, et le couple se retrouvait coincé à Cebu. L’objectif était de se rendre à Manille pour tenter de trouver un vol vers le Canada. Toutefois, des mesures draconiennes ont été mises en place dans cet endroit du globe, et seulement les personnes ayant un vol de retour chez eux pouvaient embarquer dans les vols d’urgence qui menaient à la capitale.

Après plus de 30 heures d’attente à l’aéroport de Cebu, le couple a trouvé un vol Tokyo - Vancouver – Montréal. Ainsi, après s’être rendu à l’aéroport de Manille, dormi sur place dans un hamac et attendu plus de 20 heures supplémentaires, leur retour à la maison a eu lieu le 21 mars, soit après 9 jours de tentatives.

Naomi déplore le manque ou l’inexistence de mesures lors de leurs passages aux différents aéroports. « En tout, on nous a posé une fois la question à savoir si on avait des symptômes à Vancouver », explique-t-elle.

« À Tokyo, aucune mesure, aucune question, l’aéroport était vide, mais les commerces ouverts. À Vancouver, on nous a demandé si on avait des symptômes, mais cette mesure était faite aux quatre ou cinq personnes, n’importe qui avec des symptômes pouvait rentrer au pays sans problème, continue-t-elle. De plus, aucune mesure de distanciation sociale n’était établie, j’essayais de rester loin des gens, mais c’était impossible… Pourquoi ne pas mettre des marques au sol pour délimiter la distance dans les files d’attente? », propose Naomi.

Elle soutient également qu’il y avait des distributeurs de gel hydroalcoolique, mais qu’aucune obligation ou prévention n’était donnée.

« À Montréal, j’ai pris mes bagages et suis sortie directement. Aucune personne ne nous a demandé d’où on venait, personne ne nous a parlé d’isolement préventif, des mesures d’hygiène à adopter ou bien simplement de la pandémie elle-même », se consterne la jeune femme.

« J’aurai aimé signé un document formel pour me demander de me mettre en quarantaine volontaire, ou bien faire un test de dépistage directement à l’aéroport. Considérant que la contamination s’est faite par les voyageurs, il me semble que des mesures devraient être prises au premier endroit où on met les pieds. »

En plus de cette constatation aux aéroports, Naomi confie avoir entendu des passagers de retour au Québec qui s’exprimaient sur le fait qu’ils ne feront pas d’isolement de 14 jours. « Je suis choquée de voir des gens autant insouciants, c’est de leur faute si la contagion continue de grandir. »

Le couple est en confinement volontaire depuis leur retour. Seuls dans un appartement, ils ont pris soin de n’avoir aucun contact avec leur entourage. Ils se font déposer des produits alimentaires et essentiels devant la porte. Aucun d’entre eux ne présente de symptôme, mais ils préfèrent suivre les recommandations gouvernementales.

Le retour à la maison n’a pas été facile pour le couple. Ils ont dû débourser 2400 $ de billets d’avion pour retourner au pays, 400 $ pour prendre le vol d’urgence de Cebu à Manille, sans compter les dizaines de dollars dépensés en logement et en nourriture. « J’espère que je vais au moins réussir à me faire rembourser mon vol de retour », soutient Naomi.

Deux de leurs amis sont toujours pris aux Philippines, à Cebu. « Leur vol est prévu le 25 mars, en espérant qu’il ne soit pas annulé », explique la jeune femme.


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