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Un premier ministre de tous les excès

Un premier ministre de tous les excès
Sebastien
le 18 juillet à 00:00

À en croire certains, Justin Trudeau est devenu la huitième merveille du monde en accédant au pouvoir en octobre dernier. On le dit beau, jeune, moderne, « hot »… Bref, les qualificatifs élogieux à son endroit ne manquent pas… Pourtant, force est de constater que Trudeau est un homme d’excès : des promesses électorales excessives, des dépenses excessives depuis qu’il est premier ministre et une personnalité excessive. Pourtant, à part son exubérance juvénile, voire puérile parfois, il n’a rien d’extraordinaire; au contraire, il fait comme la plupart de ses prédécesseurs. Par exemple, depuis son assermentation comme premier ministre, il a renoncé à plusieurs de ses engagements ou a carrément trahi une partie de l’électorat ayant probablement voté pour lui sur la base des engagements qu’il avait pris. Prenons quelques exemples : Alors qu’il avait « promis » des déficits de 10 milliards par année, ce chiffre a pratiquement triplé depuis. Trudeau dépense sans réserve, convaincu que c’est la façon de stimuler l’économie. Pourtant, il semble bien seul à avoir cette conviction parmi les leaders du G7 . Et s’il tient de son père, Pierre Elliot Trudeau, en matière d’économie et de finances , nous ne sommes pas sortis du bois. Comme ma génération aura contribué financièrement à réparer les pots cassés de Trudeau père, celle de mes enfants – et des siens d’ailleurs – sera mise à contribution à son tour pour réparer les gâchis de Trudeau fils. Sur le plan législatif, par le projet de loi C-10 (Loi modifiant la Loi sur la participation publique au capital d’Air Canada),  Trudeau a carrément largué les centaines d’anciens travailleurs d’AVEOS et créé des conditions encore plus permissives pour Air Canada – le transporteur aérien national dont la réputation est pourtant loin d’être reluisante. Alors qu’il était dans l’opposition, Trudeau était le premier à scander « SO, SO, SO, SOLIDARITÉ! » avec ces travailleurs devant le Parlement et à dénoncer vivement le gouvernement de Stephen Harper. Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres depuis que Trudeau dirige son gouvernement majoritaire. Vient ensuite sa personnalité excessive. J’ai sciemment choisi la photo ci-dessus – qui a largement circulé dans les médias sociaux – pour accompagner mon billet non pas parce que je suis contre la présence d’un premier ministre à un défilé de la communauté LGBTTIQQ2SA (bien vite, il faudra trouver une abréviation pour abréger cette abréviation), mais bien parce qu’elle illustre bien qui est Justin Trudeau : quelqu’un qui carbure à l’attention que les projecteurs lui accordent. C’en est parfois gênant.  En sa qualité de premier ministre du Canada, Justin Trudeau est le chef de l’État canadien. Bon, en théorie, on sait que ce rôle revient officiellement au gouverneur général, qui est le représentant officiel de la Reine. Sauf qu’on sait également que la fonction de gouverneur général est un vestige d’une époque révolue et que le gouverneur général joue un rôle purement symbolique pendant qu’il vit aux crochets de l’État canadien. Dans les faits, dans le quotidien, c’est le premier ministre qui dirige l’État canadien et, s’il est à la tête d’un gouvernement majoritaire, son pouvoir est à toutes fins pratiques absolu. Son pouvoir n’est pas limité comme peut l’être celui du président des États-Unis, qui doit composer avec la Chambre des représentants ainsi que le Sénat, deux instances pouvant freiner les ambitions de tout président, surtout lorsqu’elles sont contre lui.  Justement, lorsque Barack Obama a accédé à la présidence au terme de la campagne électorale de 2008, il avait été à son tour qualifié par plusieurs de huitième merveille du monde. Cependant, malgré son accession au rang de supervedette mondiale, M. Obama a toujours su se comporter en chef d’État et occuper dignement sa fonction. Quand j’ai vu Justin Trudeau se faire prendre tout sourire en égoportait (selfie) au sommet du G20  dans la foulée immédiate des attentats de Paris en novembre dernier, ou – plus récemment – se comporter comme une espèce de rock star tout en sueur au défilé de la fierté gaie de Toronto, j’ai trouvé ça non seulement excessif, mais aussi de bien mauvais goût. Il serait plus que temps que Justin Trudeau apprenne à modérer ses excès d’exubérance par respect pour la fonction à laquelle il a été élu et pour les Canadiens qu’il représente ici et à l’étranger. Bien que sa façon d’être « pogne » auprès d’une partie de l’électorat plus jeune, elle est rarement digne de sa fonction et est loin de faire l’unanimité au sein de la population. Si Justin Trudeau voulait être une rock star, il a choisi le mauvais parcours pour y parvenir.


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