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Le Centre de Jeunesse de la Montérégie comme modèle de soutien aux jeunes placés

Le Centre de Jeunesse de la Montérégie comme modèle de soutien aux jeunes placés
Juliette Poireau
le 25 février à 10:30

Une nouvelle étude du partenariat de L’étude sur le devenir des jeunes placés (EDJeP) dirigée par la Chaire de recherche du Canada sur l’évaluation des actions publiques à l’égard des jeunes et des populations vulnérables (CREVAJ) de l’École nationale d’administration publique (ENAP) sur la scolarisation des jeunes Québécois placés dans les institutions de la protection de la jeunesse a été publiée.

Cette étude dénote que moins de 25 % des jeunes placés obtiennent leur Diplôme d’études secondaires (DES). Ce chiffre révélateur permet de comprendre que ces adolescents rencontrent de nombreuses difficultés quant à leur scolarisation. Il existe une différence d’une cinquantaine de points de pourcentage avec le reste des élèves québécois qui eux, sont 77 % à décrocher leur diplôme.

Martin Goyette, professeur et titulaire de la CREVAJ de l’ENAP, explique : « Nos travaux ont démontré que parfois, la scolarisation des jeunes placés est considérée comme secondaire, que ce n’est pas la priorité ». En d’autres termes, ils sont souvent jugés trop en difficulté pour être scolarisés à l’instant, et dans ce cas, « l’intervention est organisée autour de la gestion du risque actuel dans le contexte du signalement et du comportement », détaille-t-il.

Ainsi, un jeune placé sur cinq qui quitte le placement après l’âge majeur et sans diplôme se retrouve en situation d’itinérance.

Afin d’augmenter la diplomation de ces jeunes, l’étude recommande le soutien à la scolarisation. Au niveau financier, moral et social, dans le but d’offrir le même appui que l’on pourrait trouver dans une famille ordinaire.

La Fondation du Centre Jeunesse de la Montérégie et le CISSS de la Montérégie Est s’impliquent dans ce domaine depuis 2015 avec le projet CLÉ. Cette initiative tend à offrir une aide financière aux jeunes placés voulant poursuivre leurs études à concurrence de 5 000 $. Une valeur d’un peu plus de 400 $ leur est envoyée mensuellement pendant tout leur parcours postsecondaire. Les boursiers sont également suivis par un mentor, un bénévole issu de la communauté, afin d’assurer un accompagnement hors des murs de l’école et de l’institution de la protection de la jeunesse.

Le projet CLÉ est une piste de solution pour les chercheurs qui considèrent qu’un programme similaire gouvernemental devrait exister. « Pour la réussite de ces jeunes, il leur faut de la stabilité dans leur logement, de l’aide financière et de l’accompagnement social », estime Martin Goyette.

Cette idée a d’ailleurs été déposée en assemblée à la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse.

Un autre fait saillant découle de cette étude : la sous-scolarisation des jeunes placés engendre d’importantes pertes monétaires au gouvernement du Québec. En effet, pour une cohorte de 2 000 jeunes sortants de placement, le Québec perd 370 millions de dollars par année.

Les chiffres montrent que, sur l’ensemble de sa vie, un individu qui obtient son DES génère 350 000 $ de plus en salaire, taxes, impôts et épargnes en transferts qu’un sans DES. Ainsi, si le taux de diplomation des jeunes placés atteignait celui de l’intégralité du Québec, la province tirerait des gains de 372 110 778 $ en valeur présente.

L’étude conclut que l’investissement dans le soutien à la scolarisation des jeunes placés québécois permettrait au gouvernement de s’enrichir et aux jeunes d’augmenter leur revenu.

Martin Goyette pense que « tous les jeunes devraient contribuer à la société ».


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