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La biométhanisation est à Varennes

La biométhanisation est à Varennes
Aimée Lemieux
le 08 novembre à 14:00

Ouverte en janvier, l’usine de biométhanisation de Varennes est en voie de compléter sa première année d’opération, et le bilan est encourageant: un peu plus de 30 000 tonnes de matières organiques auront été détournées de l’enfouissement.

L’usine de la Société d’économie mixte de l’est de la couronne sud (SÉMECS) dessert les 27 municipalités des MRC de la Vallée-du-Richelieu, de Marguerite-D’Youville et de Rouville, totalisant quelque 245 000 citoyens. C’est le contenu des bacs bruns de ces personnes qui est acheminé à Varennes.

Dès 2019, 40 000 tonnes de matières devraient transiter à l’usine, espère Sylvain Berthiaume, le directeur général. Celui-ci se réjouit néanmoins des résultats actuels. En 2017, seulement 12 % des matières organiques étaient valorisées. Son équipe «est en voie d’atteindre 60 %» de cette récupération, dit-il.

Le directeur général salue au passage la participation citoyenne. «Les citoyens sont bons, le taux de participation rencontre nos attentes pour cette première année d’opération, mais il y a encore du travail à faire pour atteindre l’objectif de 2022, soit la récupération de 100 % des matières résiduelles».

Selon la Politique de gestion des matières résiduelles, adoptée par Québec en 2010, il sera interdit d’enfouir des matières organiques en 2022.

Rentabilité

L’usine de biométhanisation est un projet d’environ 60 millions $, dont la majorité des frais a été absorbée par le gouvernement du Québec. Les trois MRC ont également contribué, mais leur charge fiscale est bien moins importante.

66 % des actions sont détenues par les 27 villes. Le reste appartient à Biogaz EG, un consortium privé à qui le gaz sera vendu sous peu.

Questionné par rapport à la rentabilité du projet, le directeur général avoue que «ce n’est pas un centre de profit». Très peu, voire aucun argent ne sera fait à court terme.

Par ailleurs, «il y a un coût pour le monde municipal, les villes vont devoir payer pour traiter leur matière», dit Sylvain Berthiaume.

Il estime toutefois qu’il s’agit d’un projet porteur, tourné vers l’avenir, et que cette période est transitoire.

Comme un corps humain

La biométhanisation fonctionne selon des principes semblables au corps humain. Tout comme le contenu d’une assiette, broyée par la mâchoire, la matière reçue est écrasée, puis envoyée dans un digesteur.

Un biométhane est produit, ici vendu à Greenfield Global, une entreprise située en face de l’usine, ainsi qu’un digestat, qui peut être utilisé comme amendement sur les terres agricoles. Du sulfate d’ammonium, pouvant être vendu à des producteurs d’engrais chimiques, peut également être extrait.


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