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Crise du logement : Un 1er juillet « catastrophique »

Crise du logement : Un 1er juillet « catastrophique »
Logements à Sainte-Catherine
Juliette Poireau
le 01 juillet à 11:55

Le directeur général de l’organisme Comité Logement Rive-Sud, Marco Monzon, qualifie le 1er juillet 2020 de « catastrophique » quant au nombre de ménages encore sans logement à cette date fatidique de grands déménagements.

En effet, à la veille du 1er juillet, 70 ménages de la Rive-Sud n’ont toujours pas trouvé d’endroit où se loger, selon les données du Comité Logement Rive-Sud, comparativement à une vingtaine à pareille date en 2019. Ce matin, les chiffres n’ont pas changé. Néanmoins, Marco Monzon précise que ces ménages ont peut-être trouvé un logement, mais sans en faire mention à l’organisme. « Un bilan du 1er juillet est avenir », confie le directeur.

« Les personnes qui ne trouvent pas aujourd’hui pourraient se retrouver à la rue », s’inquiète-t-il.

M. Monzon conseille à ses familles de joindre leur ville respective, qui, pour la plupart, ont pris des initiatives pour aider les ménages qui peinent à se trouver un logement, ainsi que de recourir aux organismes et différentes instances.

En effet, la MRC de Roussillon propose la ligne téléphonique Aide-Logement 450 638-1221, poste 2020 qui fournit de l’accompagnement pour la recherche, ou encore des ressources d’hébergement et d’entreposage.

Pour sa part, la Ville de Longueuil a mis en place un comité d’urgence pour soutenir et référer les familles en difficulté en contactant le 311, en plus de collaborer avec la Croix Rouge.

La Croix Rouge offre d'ailleurs une Aide pour les sinistrés. Il suffit de composer le 1 877 362-2435.

Cependant, M. Monzon critique et déplore le manque de responsabilité de certaines villes qui ne se sentent pas concernées par ce problème : « La Ville de Saint-Lambert n’a entrepris aucune action alors que deux ménages sont présentement à la recherche d'un logement. » À Boucherville et Saint-Bruno-de-Montarville, qui sont considérées comme villes riches, aucune démarche non plus, tandis que « le taux d’inoccupation est très bas et les loyers plus chers ».

Une crise du logement accentuée par la pandémie

Pour le directeur du Comité Logement Rive-Sud, la pandémie de COVID-19 est venue complexifier toutes les procédures pour réussir à se loger. « Ça a commencé avec l’arrêt des chantiers de construction. Des immeubles à logements ont cessé d’un coup d’être construits, ce qui a engendré un retard important de la livraison de logements prêts, détaille Marco Monzon. De plus, les inquiétudes face à la contamination du nouveau coronavirus ont nettement ralenti les périodes de visites, les personnes à faibles revenus qui n’ont pas accès à Internet n’ont pas pu chercher de logement, et les prix des loyers ont considérablement augmenté. »

Néanmoins, Marco Monzon rappelle que la crise du logement sévit sur le Québec depuis 2018, où le prix des loyers s’est mis à grimper de manière drastique.

Il déplore notamment le manque d’engagement de la part des gouvernements provincial et fédéral : « On a trop peu de logements locatifs abordables, ça prend du logement social, il faut investir. »

Selon le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), dont fait partie le Comité Logement Rive-Sud, il faudrait 50 000 nouvelles unités de logements abordables d’ici 5 ans à travers la province.

À l’agglomération de Longueuil, le Comité demande 500 à 600 unités supplémentaires par année pendant 5 ans. Actuellement, 2 000 ménages du territoire sont sur une liste d’attente pour trouver un logement, et « ça ne comprend pas ceux qui cherchent par eux-mêmes et ceux qui se sont retirés de la liste », rappelle M. Monzon.

Taux d’inoccupation des villes de l’agglomération de Longueuil

  • Boucherville : 0,4 %
  • Saint-Bruno-de-Montarville : 0,6 %
  • Longueuil : 1,5 %
  • Saint-Lambert : 1,6 %
  • Brossard : 2,9 %

À noter qu’il faut un taux d’inoccupation d’au moins 3 % pour que l’offre et la demande soient équitables.


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