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Protection de la Forêt des Hirondelles: Le volonté politique n’y est pas

| Par Gilles Pétel,
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Le dossier de la protection de la Forêt des Hirondelles de St-Bruno a dépassé largement la cadre local et fait maintenant la manchette de tous les grands médias québécois d’information, écrits et visuels. Et en dépit de toutes les interventions locales, régionales ou nationales de différents milieux de protection de l’environnement, des espèces rares ou menacées et du développement durable, les autorités de St-Bruno donnent l’impression de se fermer les yeux et de se boucher les oreilles. La Fondation David Suzuki déplore le manque de leadership de la ville quant à la protection de ses milieux naturels. «Ce boisé se trouve à l’orée du parc national du Mont-Saint-Bruno et fait partie d’un corridor forestier essentiel au maintien de la biodiversité du parc national et du boisé même», a déclaré le Dr Jean-Patrick Toussaint, Chef des projets scientifiques de cette fondation.

Contradiction avec le plan du PMAD

De son côté, le biologiste Daniel Gagnon, professeur à l’UQAM, a repéré plusieurs espèces végétales rares ou menacées dans ce boisé l’automne dernier, dont la protection devrait être assurée avant tout. «Il est insensé que la ville aille de l’avant avec un tel projet alors qu’elle vient tout juste de souscrire au Plan métropolitain d’Aménagement et de Développement (PMAD). Ce projet va à l’encontre de la vision mise de l’avant dans le PMAD en détruisant irréversiblement un milieu naturel unique pour le remplacer par une poignée de résidences cossues», affirme pour sa part, Karel Mayrand, directeur général pour le Québec à la Fondation David Suzuki. Et campagne électorale oblige, le ministre Pierre Arcand sort de sa coquille et affirme sans trop de conviction et surtout d’explication, qu’on doit respecter la Loi sur la protection de l’environnement, des espaces verts et des espèces menacés…

Le juridique, une excuse

De toute évidence, le maire Claude Benjamin est dépassé par les événements et semble vouloir se réfugier derrière le juridique et le légalisme pour justifier ses décisions. «Ne pas respecter les droits du propriétaire nous conduirait devant les tribunaux», affirmait récemment dans une lettre au quotidien La Presse M. Benjamin, en ajoutant, par exemple, que les dossiers de l’ÃŽle Charron, de Ste-Julie, du Boisé du Tremblay de Longueuil, ceux de Brossard et Boucherville ne sont pas comparables. À écouter le maire de St-Bruno, le propriétaire à tous les droits et aucune responsabilité. Le maire n’a que le prix exhorbitant d’une expropriation comme argument. Ça ne tient pas la route. D’abord, a-t-il tenté de négocier avec le propriétaire et avec le ministère  du Développement durable de l’environnement et des parcs pour avoir une idée du coût d’expropriation? De plus, l’APES a demandé un moratoire dans ce dossier, en affirmant qu’avec des partenaires, elle considérait sérieusement la possibilité d’acheter cette forêt pour la protéger. La présidente de cet organisme, Caroline Rodrigue, souhaite travailler en collaboration avec le ministre Arcand et l’invite à organiser dans les plus brefs délais, une rencontre avec son homologue Laurent Lessard, Ministre des Affaires municipales, et le maire de Saint-Bruno, pour présenter à ce dernier les options qui s’offrent à lui pour préserver la forêt des Hirondelles.

Agir aujourd’hui pour protéger demain

Par ailleurs, les propos et commentaires de Me. Jean-François Girard, biologiste, avocat spécialisé en droit de l’environnement et en droit municipal et président du conseil d’administration du Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE), vont dans le sens de Mme Rodrigue. Oui, la position de la ville de St-Bruno est légitime. Mais il pourrait en être tout autrement, si la volonté de l’administration Benjamin de protéger cet espace se manifestait. «Les outils existent, il suffit d’avoir la volonté de les utiliser», nous a dit Me Girard. Le mot de la fin appartient à l’écologiste Tommy Montpetit. «La valeur écologique de la Forêt des Hirondelles est très grande. C’est pourquoi, il faut absolument qu’il y ait une action faite en ce sens pour la protéger. Car si on est incapable de protéger la Forêt des Hirondelles aujourd’hui, je me demande bien ce qu’on va protéger ailleurs demain»!

Nous n’avons pu recueillir les commentaires du maire Claude Benjamin, parce qu’il était en vacances au moment de publier ce texte.

Sondage TVRS

Notre sondage de la semaine portait sur l’âge de votation que le PQ songerait à réduire à 16 ans. Ainsi, à 80%, vous dites non à ce projet, alors que 16% des répondants seraient d’accord. Enfin, vous êtes 4% à dire que le vote à 16 ans peut être acceptable, mais à certaines conditions. Merci pour votre participation toujours nombreuses. Pour vos commentaires et suggestions, n’hésitez pas à cmmumniquer avec nous, au 450-655-9925.

Un commentaire

Je n’hésite pas à dire que les Montarvillois ont été trompés en 2009 lors de l’adoption à la sauvette avant les élections municipales, du Plan d’urbanisme 2009. Ce plan concocté par la firme Fahey & Ass. prévoit l’urbanisation tout azimut de la zone blanche de Saint-Bruno, et cela sans avoir fait une analyse rigoureuse et scientifique de l’écosystème de la zone en question. Si bien que la forêt des Hirondelles (6 hectares de forêt mature) et le Boisé des rainettes (39 hectares de boisé et terres humides dans la partie sud de la ville) ont été classés résidentiel sans tenir compte de leur valeur patrimoniale. Vous avez raison M. Pétel, la question est moins de savoir si des lois ont été transgressées dans l’embauche de cette firme réputée active à Saint-Bruno auprès de plusieurs promoteurs, mais bien de voir ce que le processus de la Vile révèle au plan de sa moralité publique, de la pratique de son civisme et finalement de son manque d’éthique démocratique. La concertation entre la Ville et les citoyens n’existe pas dans cette ville. Tous conviennent que le saccage de la forêt des Hirondelles ne rencontre aucun critère d’acceptabilité sociale, je refère ici aux conclusions du rapport Venne-Ouimet sur la consultation publique sur le faux plan de conservation des milieux naturels de la Ville, aux pétitions initiées par le regroupement des citoyens pour la sauvegarde de la forêt qui ont recueilli respectivemt 2 600 et 3 900 signatures, aux différentes manifestations publiques de 2008 et de 2011, aux dizaines de questions des citoyens aux séances du conseil municipal depuis 2006, etc… Cette administration est sourde aux revendications de ces citoyens. Pire, elle dénigre à même les fonds publiques les opposants telle cette lettre du maire Benjamin qui accuse les opposants de soyffrir du syndrome pas-dans-ma-cour. En 30 ans de pratique journalistique au Québec, au Canada et à l’étranger, j’ai rarement rencontré des élus aussi arrogants envers leurs concitoyens. Quant au résultat de votre sondage, il reflète ce que j’ai vécu ce week-end lors de la Fête du Lac. Les Montarvillois se précipitaient pour signer la pétition contre la destruction de la forêt des Hirondelles.

Commentaire par Michel Desgagné — 7 février 2012 @ 14 h 39 min



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