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Par , 29 août 2011
| Blogue, Carnet de Voyage.
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Le premier ministre Charest tente par tous les moyens de vendre son Plan Nord aux investisseurs européens. Après la Grande Bretagne, l’Allemagne et la Belgique, il courtise le Japon et la Chine. Mais contrairement à ce qu’il laisse entendre et à ce que la presse québécoise ou canadienne rapporte, ces visites en Europe et en Asie prennent plus l’allure d’une vente aux enchères qu’à une proposition d’investissements pour les principales sociétés et les gouvernements visités. C’est ce que les grands quotidiens européens donnent comme analyses du Plan Nord et qui nous amènent à nous poser des questions sur les succès mitigés des rencontres du premier ministre Charest avec les parlementaires européens.
En général, comme dans la section internationale du quotidien “Le Temps” de Suisse, on dit que le Plan Nord est mal ficelé et qu’il y a trop d’interrogations, trop d’incertitudes, pour représenter une mesure incitative pour les investisseurs étrangers. Un exemple? Le premier ministre Charest affirme que le passage Nord-Ouest est en territoire canadien. Or, non seulement les États-Unis contestent cette affirmation de M. Charest, mais aussi l’Union Européenne, plus particulièrement la Norvège, qui revendiques ces territoires. Le
ministre Allemand et membre du parlement européen, Wolf Klinz, parle même d’un territoire international! La distance, pour la Chine, le sort des autochtones, pour la Belgique, et les redevances, sont d’autres exemples qui engendrent pas mal de réticence chez les pays visités par le premier ministre Charest et son équipe de promotion. D’ailleurs en Belgique, le vice-président de la Délégation européenne, Wolf Klinz, ajoutait, en référant aux présentations de M. Charest: «On a l’impression que le monde moderne n’est pas dans l’intérêt des populations indigènes et elles risquent d’y perdre leur culture». De toutes manières, les réponses de l’équipe Charest aux questions des parlementaires européens ne sont pas satisfaisantes à bien des égards. De plus, la faillite des États-Unis et ses conséquences planétaires, n’arrange pas les choses.
La redevance
C’est un des aspects du Plan Nord et elle inquiète, avec raison, l’opposition et différents groupes de protection des ressources naturelles au Québec. C’est un paiement qui doit avoir lieu de manière régulière, en échange d’un droit d’exploitation (mines, terres agricoles, forestières etc.) ou d’un droit d’usage d’un service. Toujours pour répondre à l’exigence du plus bas coût possible, les promoteurs n’offrent en général que des redevances très faibles aux propriétaires et aux municipalités qui accueillent ces projets, en comparaison avec les redevances offertes dans d’autres pays ou dans d’autres provinces canadiennes. Ce bas niveau de redevances renforce la perception qu’a une partie croissante de la population que le gouvernement du Québec vend à bas prix ses ressources naturelles collectives et renouvelables à des intérêts étrangers en ne laissant au Québec, que la plus faible part des retombées économiques.
Ces redevances varient entre 10% et 16% Évidemment, M. Charest dit le contraire et prétend que son gouvernement exige les meilleurs redevances comparées au reste du Canada et à plusieurs pays. Mais faut mettre des bémols aux commentaires du premier ministre. Avant l’invasion des américains par exemple, les redevances pétrolières représentaient 60% des revenus de l’Iraq (on comprend mieux pourquoi les américains ont voulu s’emparer du pétrole irakien et qu’il sont en train de faire la même chose avec la Libye et leurs alliés français et britanniques. Quoiqu’ils disent et veulent laisser croire, ça rien à voir avec la protection des populations de ces pays!).
Consultation publique!
Enfin, le ministre de l’environnement, Pierre Arcand, lançait récemment une consultation publique sur la protection de l’environnement et la biodiversité de 50% du territoire prévu dans le Plan Nord, et cinq rencontres publiques. Cette consultation servira, selon le ministre Arcand, à déposer un projet de loi allant dans ce sens. Les citoyens et organismes intéressés peuvent y faire leurs commentaires en expédiant un mémoire ou en s’exprimant via le site Internet du ministère. Ils ont jusqu’au 12 octobre pour le faire. On verra bien qu’elle suite donnera le gouvernement Charest à cette consultation populaire. Depuis trop longtemps ce gouvernement nous a habitué à des shows médiatiques vides de sens, sans résultat et ne visant qu’à donner une belle image au PLQ et à l’administration Charest.
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