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P.Q. et P.S. Crises aux mêmes conséquences?

| Par Gilles Pétel,
| Blogue, Carnet de Voyage.
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Le lien que font certains analystes politiques, notamment Christian Dufour de l’École nationale d’administration publique (ÉNAP), entre le Parti Socialiste Français (P.S.) et le Parti Québécois dans la crise qu’ils subissent, n’est pas aussi tordu que certains observateurs laissent croire. En Europe, on s’accordait pour dire que les jours du gouvernement de l’Union pour un Mouvement Populaire (UMP) dirigée par Nicolas Sarkozy étaient comptés, que ce gouvernement serait renversé par le P.S. aux présidentielles de 2012 et que la gauche prendrait le pouvoir. La raison principale qu’on évoquait, était la venue du directeur général du FMI, Dominique Straus-Khan (DSK) à la présidence du P.S. Mais l’arrestation et les ennuis juridiques de DSK changent complètement la donne. Les socialistes doivent maintenant trouver rapidement une alternative à DSK, un nouveau chef, et le temps presse. Présidente du Parti, Martine Aubry semble maintenant la candidate numéro 1, mais on n’écarte pas le retour de Ségolène Royal et même de François Hollande. Et c’est sans compter une remontée spectaculaire de la droite, le Front National, dirigé par Marine Le Pen. Et elle a vu sa cote d’amour monter en flèche après, notamment, son passage remarqué à l’émission télévisée d’affaires publiques “Des paroles et des actes” – qui remplace “À vous de juger” pendant l’été, soit dit en passant – sur France 2, mercredi dernier.

Mêmes conséquences? Pas trop vite!

Au Québec, même situation relativement à la position du gouvernement Charest. On voyait le Parti Libéral en pleine déroute et on ne donnait pas cher pour la peau du premier ministre aux élections générales, prévues dans une quinzaine de mois, tout au plus. Et on s’accordait généralement pour dire que le Parti Québécois allait reprendre le pouvoir. Mais voilà, la série de démissions spectaculaires au sein du P.Q. et non les moindres, dont celle de Pierre Curzi du comté de Borduas en Montérégie, cause les mêmes ennuis au parti souverainiste que l’arrestation et l’aventure juridique désastreuse de DSK pour la gauche française. Et qui semble profiter de la situation? Un parti de droite en devenir, dirigé par un ex-péquiste, François Legault, avec une ouverture sur une fusion possible avec l’ADQ. Il n’a ni la notoriété, ni la prestance d’une Marine Le Pen, et son parti, s’il y a, doit partir à zéro. Mais si les sondages d’opinions signifient quelque chose, faudra prendre Legault et sa coalition au sérieux. La différence entre le P.S. en France et le P.Q. au Québec, c’est que, malgré les démissions en série qui compromettent les chances de cette formation politique aux prochaines élections et affaiblissent son option souverainiste, la chef, Pauline Marois, reste bien en selle. «Le Parti québécois n’est pas mort, mais il n’est pas fort. Pour moi, il est clair que le mouvement souverainiste est en train de s’effriter», prétend Christian Dufour. « Pas trop vite. Le glas du P.Q. a sonné souvent. En 1984, ce ne sont pas de simples députés, mais des ministres qui ont quitté le gouvernement, dont Jacques Parizeau, et le P.Q. a fini par rebondir et reprendre le pouvoir», rétorque Jean-François Lisée, blogueur pour L’actualité et auteur du livre Troisième millénaire. Faut insister pour dire qu’ils ne sont absolument pas de même nature, mais comme le P.S. en France, le P.Q. chez-nous, se remettra-t-il de ses déboires?

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