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Par , 25 avril 2011
| Blogue, Les billets de Gilles.
| 6 commentaires
Il n’y a pas que chez-nous où le faible taux de participation aux élections générales fait frémir certains observateurs et analystes politiques. Dimanche dernier, 17 avril, lors du second tour des élections cantonales françaises, les journaux comme Le Monde ou L’Observateur entre autres, disaient que le grand gagnant était surtout le taux d’abstention. En effet, plus d’un Français sur deux (56%) ne s’est pas rendu aux urnes ce jour-là . Ces journaux, et bien d’autres médias, demandent au législateur de réfléchir une fois pour toute sur la possibilité d’instaurer le vote obligatoire en France. Précisons que l’inscription sur les listes électorales est obligatoire, mais le vote ne l’est pas. En effet, l’obligation de voter s’applique uniquement pour les élections sénatoriales. Les grands électeurs qui s’abstiennent sans raison valable étant condamnés au paiement d’une amende de 4,57 € (environ 8$)! Face à la montée du taux d’abstention, plusieurs parlementaires appartenant aussi bien à la majorité qu’à l’opposition, ont, au cours des derniers mois, déposé des propositions de loi tendant à rendre le vote obligatoire. Ce sont Dominique Paillé de l’UDF, Laurent Fabius, Jean-Marc Ayrault et Bernard Roman, députés socialistes, et Charles Cova, de l’UMP. Donc, le vote obligatoire en France n’est maintenant qu’une question de mois, ou d’une année ou deux.
L’absentéisme progresse
Chez-nous, l’absentéisme progresse également, tant au municipal, qu’au provincial ou au fédéral. En 2008, seulement 58% des électeurs s’étaient déplacés pour voter. Faudra-t-il penser un jour à notre tour, d’instaurer le vote pbligatoire, accompagné de pénalités diverses selon les causes de l’absentéisme, comme cela se fait par exemple, dans plusieurs pays européens et même en Amérique latine? Ainsi, en Belgique, le vote est obligatoire depuis 1894 et une des conséquences les plus dissuasives pour les absentéistes et les récidivistes est celle qui prévoit l’exclusion de toute nomination ou promotion des autorités publiques pour ceux et celles qui refusent de voter. Par exemple, dans ces conditions, chez-nous, un professionnel du droit ne pourrait être promu juge ou avocat de la Couronne, une autre personnalité ne pourrait accéder au poste, par exemple, de président du RTL, ainsi de suite, pour tous les secteurs d’activités économiques et sociales. En Australie, depuis 1923, le vote est obligatoire, avec pénalités sérieuses pouvant aller jusqu’à l’emprisonnement pour les récidivistes. Depuis 1917, le vote est obligatoire en Suisse, mais seul le canton de Schaffouse impose des pénalités. La Grèce (depuis toujours…), le Luxembourg (1924), le Brésil (1932) la Bolivie (1952), pour ne nommer que ceux-là , sont des pays où le vote est également obligatoire et l’absentéisme sanctionné.
Protéger le rôle de la démocratie
Nos sociétés démocratiques doivent garantir nos droits, et il est de notre devoir de faire fonctionner ces sociétés pour qu’elles soient en mesure de jouer leur rôle. Le droit de vote est un de ces devoirs tacites qui est le fondement de notre système démocratique. À partir du moment où une partie de la population ne vote plus, elle met en danger par défaut, cette démocratie. Depuis toujours, mais surtout depuis un certain nombre d’années, des femmes et des hommes sacrifient leur avenir et même leur vie dans la lutte pour l’accès à la liberté d’expression, individuelle et collective, au nom de la vie, de l’équité, de l’égalité des chances, d’une société démocratique, où chacun a le pouvoir de changer les choses. Il me semble que ces exemples devraient suffire pour exhorter tous ceux et celles qui ont acquis ce droit, de l’exercer lors de référendums et d’élections, et plus spécifiquement, lors du scrutin du 2 mai prochain. Alors, quel que soit votre choix, exercez votre droit de vote.
Sondage TVRS
Suite au vote de confiance accordée à Mme Marois, Stephen Harper demande aux canadiens de lui acorder une majorité pour lutter contre un éventuel gouvernement péquiste à Québec. Êtes vous d’accord? À cette question que nous avons posé la semaine dernière, vous avez répondu, non, à 82%, tandis que vous étiez 18% à dire, oui, à la question. Merci pour votre participation. On vous invite chaque semaine à nous faire connaître vos choix par le biais de ce sondage. N’hésitez pas également à nous livrer vos commentaires et suggestions.
6 commentaires
Je ne crois pas que ce serait une très bonne idée d’obliger les citoyens à aller voter aux différents paliers: municipal, provincial et fédéral.
Voter, c’est un droit et un devoir; si le gouvernement en place ne nous satisfait pas, il est temps de le remplacer; si nous ne l’utilisons pas, arrêtons de nous plaindre; nous sonmes en démocratie et voter c’est s’exprimer en toute liberté.
Commentaire par Démocratie — 25 avril 2011 @ 15 h 16 min
bonjour.
devra-t-on, un jour, faire comme la Belgique – peut-être d’autres pays aussi – mettre à l’amende les gens qui ne vont pas voter.
en Belgique, si vous ne votez pas, vous devez payer des amendes assez salées pour ne pas avoir rempli votre devoir de citoyen.
Et dire que certains sont en guerre justement pour l’avoir ce droit et nous… on le bafoue. Mais peut-être si, comme aux États-Unis, on n’avait que des élections aux 4 ans – autant au Fédéral qu’au Provincial.. On a attrapé une “votite aigue”.
Commentaire par Un commentaire... — 26 avril 2011 @ 16 h 31 min
À celui qui signe “Un commentaire”, je dis vous ne suivez certainement pas ce qui se passe ailleurs dans le monde pour prétendre à la “votite aigue” chez nous. Les primaires, les présidentielles, le collège électorale aux USA, sont autant d’occasions qui demandent aux électeurs de se prononcer dans une élection, même chose en France avec le scrutin majoritaire à deux tours, les cantonales, les présidentielles, etc. Et que dire de la Suisse par exemple, où tout projet économique, social ou communautaire important est un prétexte pour décréter un référendum. Seulement dans le cantons de Genève, il y en a un ou deux par année… Ça fait des décennies d’ailleurs, que ce pays est dirigé par une coalition d’une douzaine de formations politiques, alors que la ville de Genève est gouvernée par une coalition de pas moins de sept partis politiques, aucune formation n’étant majoritaire. Alors pour la “votite aigue”, permettez-moi de ne pas partager votre opinion là dessus.
Commentaire par Gilles Petel — 30 avril 2011 @ 22 h 07 min
La journée où l’exercice du droit de vote deviendrait obligatoire il faudrait aussi créer un registre de plaintes contre les élus ainsi qu’un tribunal administratif chargé de traiter toute demande d’enquête relative à la conduite de ces élus, trop souvent impunis pour leurs comportements questionnables.
Sérieusement, comment peut-on forcer les gens à voter pour faire un choix entre des candidats qui ne récoltent pas leur confiance. C’est comme forcer les condamnés à choisir entre la pendaison ou la chaise électrique…
Quand vous voyez des élus, ou des nommés (par copinage politique) utiliser les fonds publics à leur usage personnel (comme par exemple pour l’entretien de leur terrain personnel), que vous les voyez trouvés coupables, hors de tout doute raisonnable, par un tribunal pénal, et que malgré ce fait ces personnes continuent à penser qu’ils n’ont rien fait de mal.. L’on finit par craindre que les élus trouvent naturel de considérer que les biens et fonds public leur appartiennent et que personne ne devrait les dénoncer parce que tout le monde fait ça ??!! Que ce soit un député, un sénateur ou un gouverneur général, toutes ces personnes croient probablement en leur innocence, et je crois qu’ils y croient parce qu’il y a peut-être un problème de discernement chez nos élus. Nous, le pauvre peuple, on n’est bien convaincu qu’au moment où j’écris d’autres élus se font payer des cafetières, des voyages, du champagne, des supers lunchs accompagnés, etc, avec des argents qui ne devraient pas servir à ces fins. Le problème n’est pas qu’ils le fassent, c’est plutôt quand ils expriment ne pas comprendre ce qui leur est reproché, c’est la frontière où le bon peuple décroche.
En votant pour le NPD les québécois n’ont pas voté pour des options politiques tel que le fédéralisme ou la social-démocratie. Ils ont voté pour des candidats qui n’étaient pas imbibés de cette expérience des autres politiciens. Ils ont voté pour des candidats qui n’auront pas intéressés les habituels fournisseurs d’argent attirés par les avantages financiers espérés en retour. Les québécois ont voté pour des gens non courtisés par les crapauds du pouvoir, juste pour avoir du sang non contaminé dans les veines de ces élus.
Ce vote pour l’honnêteté me semble évident, mais il est fort à parier que la malhonnêteté intellectuelle des politiciens d’expérience fera tenir des propos charriés pour favoriser leurs propres fins. L’on sait d’avance lesquels vont clamer que c’est un vote contre la souveraineté du Québec, ou que c’est un vote pour des valeurs de gauche, et on sait ce que ces politiciens diront tout en sachant d’avance qu’eux-mêmes ne croiront pas ce qu’ils diront, mais qu’ils trouveront tout naturel de charrier quand c’est pour permettre à leur parti politique de manipuler l’opinion publique.
La manipulation de l’opinion publique est une forme de malhonnêteté organisé en système établi par les professionnels en communications tant des candidats que des élus. Heureusement cette manipulation n’est plus tellement efficace, sauf qu’elle contribue grandement au sentiment de trahison qu’a la population par rapports aux élus.
En conclusion, tant qu’à être au pouvoir, les élus ont bien en bel d’ajouter l’oppression au sentiment d’humiliation des citoyens en votant une loi les forçant à aller voter. Tant qu’à y être aussi bien se marrer pour la peine !
Marcel.
Commentaire par Marcel de Brossard — 4 mai 2011 @ 17 h 11 min
J’ai de la difficulté à vous suivre M. Marcel quand vous dites qu’en votant NPD c’était voter pour l’honnêteté. Est-ce que c’est honnête de la part du NPD de placer, avec l’argent des contribuables, des poteaux dans des circonscriptions en sachant qu’ils ne seront jamais élus mais qu’ils l’ont été finalement par un syndrome à ce jour inexpliqué par les experts? Est-ce honnête de la part du NPD de placer, des gens qui, une fois élus, sont introuvables? Est-ce que c’est honnête de la part du NPD quand le chef Jack Layton dit que c’est normal que des candidats soient complètement absents de la campagne électorale, que ces candidats soient en vacances à Las Vegas, Paris ou en Floride?
D’ailleurs, comme le soulignait en première page le Journal de Montréal mercredi, la députée de Berthieur-Maskinongée, Ruth Ellen Brousseau, demeure introuvable. Est-ce honnête de la part du NPD de placer des poteaux unilingues anglais dans des circonscription à 99% francophones ? Pensez-vous un instant que ce geste serait toléré dans le reste du Canada ? Croyez-vous un instant qu’un parti politique aurait manqué de respect à ce point pour l’électorat en présentant un candidat unilingue francophone en Ontario par exemple? C’est pourtant ce manque de respect dont s’est rendu coupable le NPD. C’est quand même l’argent des contribuables qui est dépensé en campagne électorale. Et M. Layton trouve ça normal que ses candidats se moquent de l’électorat. Vous trouvez que c’est honnête M. Marcel ? Les québécois, peuple de colonisés, c’est un malheureux constat, mais il y a des limites à manifester sa situation de colonisé et à ce point, ça me chagrine.
Quant à l’honnêteté, je ferai beaucoup plus confiance à des candidats qui n’aspirent pas au pouvoir, mais à la défense exclusive des intérêts des gens qu’ils représentent. À ce chapitre, il est difficile d’ignorer les candidats du Bloc. Ces gens-là ne se présentent pas dans l’espoir d’exercer le pouvoir puisqu’ils sont certains de ne jamais diriger le pays. Seul la défense des intérêts du Québec les motivent. Alors, M. Marcel, avec tout le respect que je vous dois, permettez-moi de ne pas être d’accord avec votre analyse un peu trop simpliste…
Gilles Petel
Commentaire par Gilles Petel — 5 mai 2011 @ 8 h 47 min
Je vous prie de m’excuser, je suis surpris car je ne pensais pas que mes propos pouvaient attiser le feu sacré d’un inconditionnel partisan des libéraux fédéraux.
Il y a un fossé énorme entre (1) être trouvé coupable par un tribunal d’avoir fait une utilisation condamnable de l’argent des contribuables, et (2) friser la diffamation en affirmant «…NPD de placer, avec l’argent des contribuables, des poteaux …», quand vous devez savoir que ce n’est pas l’argent des contribuables qui paient les dépenses électorales. Pour les parties dont les québécois veulent se défaire c’est l’argent des crapauds intéressés qui sert à placer ces poteaux. Alors que pour le NPD ça risque de venir de la poche personnelle des candidats ou de supporters, qui ont de véritables conviction ou de l’amitié, et qui ne sont pas attirés par l’appât du gain. Si à votre connaissance des élus utilisent l’argent des contribuables pour placer leurs poteaux, j’espère que vous verrez à les dénoncer. Je ne crois pas qu’il y a un tribunal qui a condamné le NPD pour avoir ainsi détourné des argents appartenant aux contribuables. Une telle accusation semble grave et en l’absence de preuve sérieuse supportant cette affirmation j’espère qu’il y aura rétractation.
Par ailleurs je ne vous suis pas non plus dans votre propos de «placer des poteaux en sachant qu’ils ne seront jamais élu..» dois-je comprendre que vos amis libéraux, ou copains conservateurs n’ont pas présenté des candidats dans toutes les circonscriptions ? Si j’étais tenu de choisir entre un poteau et quelqu’un en qui je n’ai vraiment pas confiance, le poteau serait mon premier choix et je pense que c’est effectivement le choix qui a été offert aux électeurs du Québec.
Je préfère un candidat introuvable qu’un élu, ou nommé, malheureusement trouvable sur la rue alors qu’il devrait peut-être être en prison. Quant au candidat en Floride je le préfère à celui qui reste proche de ses petits amis pour faire couper ses arbres avec l’argent des contribuables. Je suis beaucoup moins inquiet des absents temporaires que de ceux qui sont dangereusement présents. Formulé autrement, je vous dirais que bon nombre d’électeurs sont effrayés de retrouver au pouvoir des partis qui n’ont pas le mea culpa facile, mais ces électeurs ne sont nullement inquiets d’un candidat qui fonctionne selon ses habitudes. Il faut s’incliner et reconnaître le message de l’électorat : «Je préfère voter pour l’inconnu absent que pour celui qui est venu frapper à ma porte, et si vous me demandez pourquoi, la réponse ne sera pas belle à entendre…»
Quant à votre question «Croyez-vous un instant qu’un parti politique aurait manqué de respect à ce point pour l’électorat…», si vous y pensiez sérieusement quelques instants vous pourriez imaginer ce que les électeurs vous répondraient. Il y a fort à parier qu’une majorité des électeurs vous répondrait que ces partis politiques n’en n‘ont pas de respect pour l’électorat. Si vous croyez vraiment que la majorité des électeurs a confiance aux candidats et élus des partis ayant été au pouvoir… là je pense qu’on ne parle probablement pas aux mêmes personnes. Juste avec la question d’outrage au parlement, probablement que la totalité des libéraux vous répondraient que les conservateurs n’ont aucun respect à l’égard de la démocratie. La différence entre le NPD et les autres partis, c’est que les autres partis ont fait l’objet d’enquêtes et de condamnations, ce qui est bien différent que des pseudos scandales soulevés par des gribouilleurs de journalistes qui veulent se rendre intéressant ou plaire à leurs amis.
Sans rancune monsieur Petel, mais je pense qu’il importe de souligner qu’il y a une marge importante entre (1) la réalité prouvée et condamnée après enquêtes et (2) des faits divers montés en épingle par des journaleux.
Les électeurs sont convaincus qu’il n’y a pas d’entrepreneurs en construction ou des fabricants d’avions militaires qui soient susceptibles d’espérer les faveurs des élus du NPD. Les poteaux du NPD sont peu susceptibles de s’être fait graisser la patte, mais peut-on dire la même chose pour les poteaux des autres partis ? La réponse est non et c’est devenu une vérité de La Palice. Je crains que ce qui explique votre difficulté à suivre mes propos provient d’une banalisation de la malhonnête à grande échelle et du souci de tenter d’incorporer le NPD dans ce système institutionnalisée. Mais ça ne fonctionne pas car le NPD n’a pas encore eu l’occasion de jouir de cette malhonnêteté que les électeurs ont observé chez les autres partis. Bref je crois que lorsque vous parlez d’honnêteté, ce n’est pas de celle qui a préoccupée le peuple. La malhonnêteté reconnue par un tribunal n’a aucune mesure commune avec des accusations faites à sens unique sans avoir donné l’occasion de se défendre aux personnes concernées. C’est comme de dire «libérons les criminels condamnés par les tribunaux et pendons immédiatement les personnes sur qui l’on peut faire circuler des cancans», et là croyez-moi, les électeurs ne vous suivront pas dans ce raisonnement. S’agirait-il d’essayer de salir le NPD pour tenter de détourner l’attention des électeurs des raisons pour lesquelles ils ont tourné le dos à ces partis qui ont perdu leur confiance, avec preuve à l’appui ?
Au pire, si vous aviez raison de dépeindre le NPD comme rejoignant les rangs et s’insérant dans le même niveau d’honnêteté que les autres parties, alors-là vous consacreriez le cul de sac pour nos électeurs, vous les acheviez en leur enseignant qu’il n’existe aucun espoir de retrouver l’honnêteté ou la salubrité dans l’arène politique, et là j’ai peur que finalement vous risquez d’avoir raison.
Vous devrez reconnaître qu’il ne s’agit pas de «mon» analyse simpliste, mais bien de la résultante de l’analyse des électeurs, sinon comment pourriez-vous expliquer que ces électeurs ont pu voter pour des candidats parfaitement inconnus ou possiblement même totalement absents ? La réponse semble clair «N’importe qui d’autre que ceux qui ne méritent plus ma confiance». C’est aussi clair que lorsque auparavant l’on disait que dans certaines circonscriptions le parti libéral aurait pu présenter un cochon et il aurait été élu de toute façon.
Commentaire par Marcel de Brossard — 5 mai 2011 @ 16 h 14 min
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