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Par , 30 janvier 2012
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Le Conseil national du parti québécois a été significatif à plusieurs égards, mais il a surtout été le conseil de la réconciliation. «Fini les lutte fratricides et internes et poussons tous dans la même direction, derrière notre chef, la dame de béton, Pauline Marois», m’ont répété plusieurs délégués, au Hilton Bonaventure, où se tenait ce conseil. Et il fallait voir l’enthousiasme de plusieurs députés, dont celui par exemple, de Stéphane Bergeron, député de Verchères. Et parmi les propositions adoptées en plénière dimanche, je retiens celle qui portera le droit de vote de 18 ans à 16 ans, une proposition audacieuse s’il en est une, l’interdiction de changer de camp politique pendant un mandat, et surtout, la tenue de référendums d’initiative populaire. Je n’ai pas eu malheureusement la chance d’interroger le député de Marie-Victorin, Bernard Drainville, à ce sujet. Car M. Drainville, qui a mis cette proposition sur la table, n’a rien inventé, on s’entend. J’habite la Suisse quelques mois par année et ce référendum d’initiative populaire est parfois pratiqué deux et même trois fois par année.
Au programme du Front National
D’ailleurs, Marine Le Pen, cheffe du Front National (FP) en France, déclarait en 2010, qu’elle allait instaurer le référendum d’initiative populaire si son parti prenait le pouvoir. «Le fonctionnement de la démocratie en France est bien éloigné du fonctionnement de la démocratie en Suisse, où existe le référendum d’initiative populaire. On a des leçons à prendre», disait Mme Le Pen, dans le cadre de l’émission “À vous de juger” sur les ondes de la télévision française TF-2. On peut dire que nous aussi, au Québec, on a des leçons de démocratie à prendre de la Suisse. La réaction de la cheffe Pauline Marois sur cette question est rassurante. «Faudra voir comment on encadrera ce projet de référendum d’initiative populaire», a dit Mme Marois. Elle a raison, parce que ce projet peut devenir une arme à deux tranchants pour un gouvernement. Faudra aussi que M. Drainville nous explique plus concrètement sa proposition.
Référendum Suisse
On l’a bien compris en Suisse. Par exemple, il existe le référendum obligatoire, qui concerne toutes les révisions de la Constitution helvétique, adhésion à des organisations de sécurité collective ou à des communautés supranationales, ou arrêtés fédéraux urgents dépourvus de base constitutionnelle, et le référendum facultatif, qui concerne tout acte fédéral pour lequel huit cantons ou 50 000 citoyens suisses, ont demandé une votation. La même possibilité de référendum facultatif existe également au niveau des cantons et des communes, avec toutefois un nombre requis de signatures plus faible. La Suisse reconnait également un droit d’initiative populaire permettant aux citoyens de proposer une modification de la Constitution fédérale. Comme je le mentionnais en début d’article, j’ai assisté au cours des dernières années en Suisse, à plusieurs référendums, national (référemdum sur la construction de minarets sur le territoire Suisse en 2010), et cantonal (référendum sur les heures d’ouverture des magasins et commerces en soirée et les week-ends dans le canton de Genève). Et quelque soit l’intervenant, que ce soit du milieu des affaires, de la politique, de la presse ou du communautaire, tous, sans exception, vous diront qu’ils se moquent des pays occidentaux qui ironisent sur leur manie référendaire. «Il n’y a aucun pays au monde ou la démocratie est aussi bien exercée que chez-nous», vous répondront-ils en coeur… avec raison d’ailleurs.
La mauvaise foi de Jean Lapierre
Par ailleurs, le droit de vote à 16 ans, ce n’est pas une découverte, là non plus. Et je profite de cette occasion pour dénoncer le cynique commentateur politique de TVA-LCN, Jean Lapierre, toujours aussi de mauvaise foi dans ce débat, que dans celui par exemple, du péage pour l’industrie du camionnage sur le pont Champlain, tel que proposé par la députée Fatima Houda-Pepin récemment. Dans son analyse, le vote à 16 ans est une erreur parce qu’il n’y a qu’un pays où il est pratiqué, soit l’Iran. Bien sûr, pour démolir un projet avec lequel on est pas d’accord, quoi de mieux que de le comparer de façon malhonnête à l’Iran, par les temps qui courent. En ce sens, l’image est parfaite. Mais la vérité, c’est que le vote à 16 ans est adopté depuis plusieurs années dans plusieurs pays, comme en Allemagne entre autres depuis 1996. Il y a également la Suisse, depuis 2007, notamment dans le canton de Berne, l’Autriche également, et il y a bien d’autres exemples. Toujours à l’échelle internationale, dans l’ordre juridique, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe s’intéresse à cette question depuis une quinzaine d’années. Sans prendre une position nette, elle considère que la mesure a son importance et sa légitimité. Alors, vous dites que c’est seulement l’Iran M. Cynique Lapierre?
Sondage TVRS
On avait vu juste dans notre sondage la semaine dernière sur le transfuge des députés, puisque ce fut une proposition majeure qui a été adoptée lors du Conseil nationale du Parti Québécois. Ainsi, sur cette question, 52% des répondants affirment que les transfuges devraient remettre leur poste en jeu dans une élection partielle, alors que 25% souhaitent qu’ils siègent comme indépendants. Puis, à 23%, les répondants estiment que les élus devraient consulter leurs électeurs avant de prendre une décision. Merci pour votre participation. N’hésitez pas à nous faire connaître vos suggestions et commentaires sur ce sondage.
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