Mono Blogue
La brunette qui se dit affranchie. Je vais me poster devant sa fenêtre et chanter la sérénade de Cyrano. Cependant Cyrano et moi, on n’a qu’un seul point en commun : on chante aussi faux l’un que l’autre. Je donne le grand coup et on se rencontre quelques jours plus tard, non pas à sa fenêtre mais à la mienne; les temps ont bien changé. Il faut préciser que c’est à la fenêtre de mon auto.

Comme premier rendez-vous, on s’est rencontré dans le stationnement d’un cinéma. Je lui avais identifié mon auto et elle s’est approchée à ma fenêtre. Elle m’appelle par mon prénom de sa voix suave. Tellement sensible à cette voix chaleureuse, que j’ai flashé mes lumières. J’avais le pied près de la pédale à frein et les lumières rouges se sont allumées à quelques reprises. J’ai essayé de répondre avec une voix tout aussi accueillante mais en conservant un air désinvolte. Je n’étais pour lui démontrer que son charme faisait déjà effet.

Les premières salutations se passent bien et on décide d’aller faire une marche dans le parc pas tellement loin. Quoi de mieux que la nature pour revenir aux sources. Aux sources du charme et du processus de la conquête.

Qu’est-ce que tu fais dans la vie? ça me trotte dans la tête comme première question pour briser la glace. Non, avec ça je ne briserai pas la glace, je vais plutôt la frigorifier. Elle va me demander la même question et on va commencer à parler travail. Des compagnons qui sont comme ça, des compagnes de travail qui jouent les aguichantes. Eh! bien devinez quoi, je lui demande quand même.

-Ah! moi je suis consultante en recherches de marketing pour un bureau de publicité. Je me demande que peut bien faire une consultante dans ce domaine? Je n’ai pas aussitôt tassé de mon esprit cette pensée, que tout suite elle enchaîne en me disant qu’elle arrive de vacances en Guadeloupe et qu’elle pense à passer la fin de semaine suivante à Bromont.

Oups! J’ai affaire à une dame qui a probablement un salaire pas mal plus élevé que le mien. Quelques options s’ouvrent à moi. J’essaie de suivre et je me ruine ou bien je lui avoue ma situation plus modeste et elle me renvoie comme un vulgaire valet. Possible aussi qu’elle soit sympathique qu’elle se fout de tout ça. Et finalement la dernière option : je fais le gigolo. Oh! le méchant garçon. Vous avez toute la semaine pour penser vers quelle option je vais pencher……