Et, le matin même où se tenait une séance spéciale du Comité des finances de la Ville, la mairesse, Caroline St-Hilaire, rassemblait les principaux intervenants du milieu dans une rencontre de presse, pour annoncer les actions que la Ville prenait dans cette tragédie humaine et invitait la population longueuilloise à faire preuve de générosité.

Le Drame de Gaza

Au même moment, une exposition intitulée "Drame humain à Gaza", prenait place au Cinéma du Parc de Montréal. Comprenons-nous bien. D'aucune façon je veux ici minimiser les conséquences de la catastrophe d'Haïti. Mais comme vous le savez peut-être, la situation au Moyen-Orient me préoccupe depuis toujours et je m'y suis rendu à quelques reprises. Je vous offre deux photos sur une expérience que j'ai personnellement vécu d'ailleurs, au Sud-Liban, peu après les bombardements de juillet 2007 par Israël. Là, également, enfants et civils furent massacrés par l'armée Israélienne. Or, sur le territoire palestinien se joue un drame tout aussi terrible que celui d'Haïti, mais politique, celui de l'occupation du territoire palestinien par Israël, qui laisse malheureusement la communauté internationale presqu'indifférente. Par exemple, lors de l'opération "Plomb Durci", Israël (une des grandes puissances militaires grâce au milliards de dollars qui lui versent annuellement les États-Unis) a bombardé et même utilisé des armes au phosphore pendant 22 jours dans la bande de Gaza il y a exactement un an, soit du 27 décembre au 15 janvier, sur une bande de 40 kilomètres où vivent plus de 1,5 millions de palestiniens. En plus des bâtiments de l'autorité palestinienne, Israël a même bombardé des édifices de l'ONU, des écoles, des hôpitaux, des mosquées et des églises.



Même la parade de graduation des cadets de la police de Gaza a été la cible des bombardements israéliens. Le bilan, très conservateur de Tel Aviv, a parlé alors de plus de 1,000 morts palestiniens en majorité des civils et plus de 300 enfants, des milliers de blessés et plus de 30,000 résidences palestiniennes détruites. Mais que fait la communauté internationale? Rien, ou presque rien! Tout ça par mesure de sécurité disait Israël, et en représailles aux tirs de roquettes sur les villes du sud du pays à partir des territoires occupés. Sauf que des documents officiels démontrent que l'attaque sous le nom de code "Plomb durci" avait été planifiée dès juin 2008, au moment même où Israël négociait un cessez-le-feu avec le Hamas. Et on oublie aussi de dire que ces tirs ont été provoqués par le refus d'Israël de lever le blocus contre Gaza et qui prive toujours la population d'eau, de nourriture, de soins médicaux et de médicaments, depuis des années, au vu et au su de la communauté internationale et qui fait des milliers de victimes. Et le bilan est 10 fois plus terrible que les 1,000 morts annoncées.

Le silence complice

Ce qui fait dire au metteur en scène de CJPMO (Canada pour Justice et Paix au Moyen-Orient), Thomas Wodley, qu'il est inconcevable que toute critique des politiques israéliennes qui sont fondées sur l'ethnie, ou de son traitement raciste de la population palestinienne, soit un sujet complètement tabou. «Le malheur qui vient de frapper Haïti est indescriptible et laisse le peuple dans la plus grande des misères. Et c'est le résultat d'une catastrophe naturelle que personne ne pouvait malheureusement empêcher. Mais les souffrances qu'endurent les Palestiniens de Gaza depuis l'attaque de décembre 2008 sont le faits d'hommes et pourraient être allégées si le reste du monde décidait de rompre le silence», nous dit de son côté et avec justesse, Grace Batchoun, vice-présidente de "Canadiens pour la justice et la paix au Moyen-Orient".

Mais, de toute évidence, faut pas compter sur la grande presse nationale, occidentale ou nos politiciens. Parce que contester les politiques d'Israël est considéré comme faire preuve d'anti-sémitisme et de racisme. Et tous les mouvements pro-israéliens se chargent d'alimenter et de perpétuer cette attitude. Incidemment, où sont-ils dans le drame d'Haïti? Les organismes B'nai Brith, Israël-Canada, Québec-Israël, oui, où sont -ils ? Où sont sont les organismes islamiques également ? Je ne fais que poser la question... Oui, deux poids, deux mesures. Mais espérons que, comme dans le cas d'Haïti, un jour le monde se mobilisera, rompra le silence mais cette fois pour dénoncer et faire arrêter le génocide du peuple palestinien.