C'est quand le bon moment ?
Par Gilles Pétel, lundi 16 novembre 2009 à 07:00 :: À vous de juger :: #180 :: rss
Le pire moment!
Lorsqu'on est en période de croissance économique, ce n'est pas le temps de réclamer des hausses salariales. Lorsqu'on est en période de crise économique, ce n'est pas le temps de réclamer des hausses salariales. Voilà, ce que les éditorialistes et les chroniqueurs nous racontent. Y a-t-il un moment opportun pour demander que justice soit faite? Que le retard salarial entre la rémunération du secteur public et celle dans les grandes entreprises privées soit enfin comblé? Même Alain Dubuc dans le quotidien La Presse reconnaît cet écart. Là, cependant, s'arrête son moment de lucidité.
Quelques rappels s'imposent
En 1982, le gouvernement Lévesque avait un «trou» de 700 millions $ qui a justifié une baisse de salaire de 20% pendant trois mois. En 1996, Lucien Bouchard avait découvert un «trou» de 1,4 milliard $ lors de sa campagne pour atteindre le déficit zéro. Des mises à la retraite massive ont eu lieu. En 2005, alors que Monique Forget-Jérôme se dit fière d'avoir atteint l'équilibre budgétaire, on gèle les salaires des employés du secteur public pour deux ans. En 2009, le ministre Bachand nous apprend que le déficit du Québec sera plus élevé que prévu. Il semble que nous jouons souvent dans ce mauvais film intitulé :«Comment préparer l'opinion publique aux demandes syndicales des employés de l'État». Or, l'histoire passée est riche en enseignement contredisant cette orientation. En 1935, on reconnaissait aux États-Unis que la diminution des salaires et du pouvoir d'achat des salariés aggravait la récession. En 1956, craignant le retour de la dépression, le gouvernement fédéral augmentait le salaire des fonctionnaires de 7% à 10%. Plus près de nous, commentant l'injection de 1,5 milliards $ dans l'économie avec le règlement de l'équité salariale, Le Devoir titrait : «L'équité salariale dope l'économie» (juillet 2007).
«En 25 ans, 53 piasses»
D'autre part, le 5 mai 2008, Éric Desrosiers signait dans le même quotidien, un article intitulé : «53 piasses». Sur une période de 25 ans, les revenus de la classe moyenne ont progressé d'un montant aussi ridicule que 53$ dans l'un des pays les plus riches du monde, au cours d'une période où l'économie du pays a carrément explosé et où les revenus des contribuables les plus riches ont augmenté de 16,4 %. Rappelons à tous les Alain Dubuc et Michel Girard de ce monde que même les statisticiens, et pas seulement les syndicalistes, observent que la présence des syndicats offre de meilleurs salaires et une plus grande égalité des revenus entre les hommes et les femmes. De plus, ils jouent un rôle important dans la répartition de la richesse dans nos sociétés.
Monique Pauzé










Commentaires
1. Le lundi 16 novembre 2009 à 07:48, par Jean-Pierre
2. Le lundi 16 novembre 2009 à 08:30, par Sandrine
3. Le lundi 16 novembre 2009 à 11:43, par Richard Lépine
4. Le lundi 16 novembre 2009 à 17:08, par Pierre Dubuc
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