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Chantage honteux de Labaume et Péladeau

| Par Gilles Pétel,
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Avec la complicité des élus, libéraux, péquistes et adéquistes, sauf le courageux Amir Khadir de Québec Solidaire, le tandem Labaume-Péladeau s’apprête à réaliser le vol du siècle sur le dos des payeurs de taxes du Québec. Ainsi, pour la modique somme annuelle de 4,5 millions $ – et seulement si Québec obtient une concession de la LNH – Québécor va mettre la main sur un édifice estimé à plus de 400 millions de dollars et une subvention annuelle de 40 millions $. Denis De Belleval et Alain Miville-De Chêne, ont déposé la semaine dernière, une requête pour demander à la Cour supérieure d’annuler l’entente par laquelle Quebecor s’engage à verser à la Ville entre 110 millions $ et 200 millions $ sur 25 ans pour obtenir la gestion de l’édifice, ainsi que son exploitation. De son côté, le gouvernement Charest, avec l’appui des membres de l’opposition sauf Amir Khadir comme on l’a mentionné, entend utiliser tous les moyens dont il dispose pour faire adopter une Loi spéciale, afin de permettre au duo Labaume-Péladeau, de se soustraire à la Loi des cités et villes qui oblige les municipalités à procéder à des appels d’offres dans un dossier comme celui de l’amphithéâtre de Québec.

Dispositions légales

Cette loi prévoit qu’en cas d’infraction, les élus peuvent être déclarés inhabiles à exercer leur fonction pendant deux ans et que la transaction doit être annulée. Selon M. Miville-De Chêne, le loyer de 4,5 millions $ de Quebecor pour un édifice évaluté à 400 millions $ correspond à un loyer de 375 $ pour une maison évalueé à 400,000 $! «Je prends toutes maisons de 400 000 $ pour 375 $ par mois, n’importe quand, j’en prends 10, j’en prends 20 et je fais fortune avec ça», a ajouté M. Miville-De Chêne. De son côté, M. De Belleval, ancien ministre de la Fonction publique dans le gouvernement Lévesque, affirme que le projet de Loi du gouvernememnt Charest ne vise qu’à amnistier un maire qui, «sciemment, a violé loi, pas dans un petit dossier d’un petit contrat municipal mais pour un dossier de 400 millions $ et un contrat de 25 ans qui donne une subvention de 40 millions $ par année à un entrepreneur privé», a-t-il dit, aux élus participants à la commission parlementaire sur ce sujet la semaine dernière et qui se poursuit cette semaine. Quant à Amir Kadir, qui a déjà indiqué qu’il s’opposera au projet de Loi, contrairement à ce que prétendent les “faiseux” Labaume-Péladeau, il n’y a pas d’urgence. «Et si tout est légal, pourquoi avez-vous besoin de toute urgence, d’une loi spéciale pour vous protéger contre d’éventuelles contestations ou poursuites judiciaires?», leur a demandé le député de Mercier. «M. Labaume a une ceinture pour tenir sa culotte et il veut en plus, les bretelles», de conclure Amir Khadir. Mais quel message alors est envoyé aux maires des municipalités du Québec? Parlez-en entre autres, au maire Paul Leduc de Brossard et les contrats accordés à la firme Gérald Bolduc.

Peuple timoré

Dans un autre domaine, quand il est question du français au Québec, je dis souvent à mes interlocuteurs que nous sommes un peuple de timorés. Je prends comme exemple cette lamentable habitude de faire des présentations publiques dans les deux langues chez-nous, qu’ils s’agissent d’événements politiques, culturels, communautaires ou sportifs. On a donc droit à des monstruosités que j’appelle des présentations “franglaises”, comme celle de l’ineffable Michel Lacroix, annonceurs au Centre Bell. «Le but du Canadien, Canadian’s goal, compté par, scored by…» etc. Et c’est comme ça, que ça se passe, même dans des événements mineurs dans des municipalités comme St-Lambert, Greenfield Park, St-Hubert ou Brossard. Quelle pitié. Faut-y être timoré, colonisé, pour agir de la sorte. Remarquez que dans le reste du Canada, les anglais se comportent avec plus de dignité que les québécois. Chez-eux, sauf exception – et elles sont rares – c’est exclusivement en anglais que ça se passe. Lors de la coupe Memorial, disputée à Mississauga en Ontario la semaine dernière, (championnat canadien de hockey junior) c’est une équipe de la ligue junior majeure du Québec (LHJMQ) qui a remporté le titre. Or, qu’à cela ne tienne, tout s’est déroulé uniquement en anglais et personne chez le diffuseur francophone (RDS)n’a réagi. Et même l’entraîneur de l’équipe de la LHJMQ, Gerry Gallant, est un unilingue anglophone. Croyez-vous un instant, qu’une équipe junior de l’Ontario ou de l’Ouest du pays, accepterait un entraîneur unilingue francophone? Poser la question, c’est y répondre. C’est non. Et surtout, ne me parlez pas de racisme, ça rien à voir.

Se plaindre ou agir ?

De générations en générations, on se plaint de la situation mais quand vient le moment d’agir, on ne fait rien. Et la ministre St-Pierre accuse de radicaux ceux et celles qui veulent en faire un peu pus pour le français, chez-nous! Il y a quelques années, on m’a demandé d’être l’annonceur d’un événement particulier, le championnat canadien des Petites ligues de baseball, qui se déroulait à Brossard. J’avais décidé d’effectuer mes présentations en français seulement. Ça m’a valu un tsunami de critiques négatives et, le plus curieux, les plus acides venaient de québécois francophones. «On est dans un un pays bilingue», me disait-on, en ajoutant que même en Suisse, il y a trois langues officielles, l’allemand, l’italien et le français. Exact, mais alors, oui, parlons-en des langues officielles de la Suisse. J’y habite plusieurs mois par année. Et quand j’assiste par exemple, à un match de hockey du Servette-Genève, l’annonceur-maison n’intervient qu’en français. Ce que les Québécois ignorent, c’est qu’en Suisse, dans les cantons français, c’est uniquement la langue française qui est utilisée. Dans la Suisse allemande, c’est l’allemand, et dans la Suisse italiene, c’est l’italien. Pas de ridicule présentation en deux ou trois langues comme chez-nous. D’ailleurs, je consacrerai ma prochaine chronique sur l’aménagement de la politiques linguistique de la Suisse et de ses trois langues officielles. On verra comment il serait facile d’en faire autant chez-nous, au Québec, si avait la volonté, si nous n’étions pas un peuple de timorés… Je quitte pour la Suisse le 18 juin, retour, première semaine de septembre. Mais je serai au rendez-vous chaque semaine pour animer ce blogue à TVRS.

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