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Ça va chauffer!

| Par Gilles Pétel,
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Mon titre n’est pas une invitation à la populaire émission télévisée qui met en vedette des cuisiniers anonymes dans une lutte pour l’obtention d’un prix de 50,000 $ accordé au meilleur chef. Non, la cuisine à laquelle je fais allusion est celle de l’Assemblée nationale du Québec. Avec un vote de confiance record de 93.08% lors du congrès du Parti Québécois en fin de semaine, la cheffe du P.Q. et de l’opposition, Pauline Marois, a maintenant les “deux mains sur le volant” du P.Q. pour reprendre une expression chère à Jean Charest. De plus, dans le dernier sondage portant sur le chef qui ferait le meilleur premier ministre au Québec, Mme Marois récolte 30% alors que 20% seulement estiment que Jean Charest sera leur choix. Pauline Marois a vraiment le vent dans les voiles. Par ailleurs, on a l’impression que chaque semaine amène son lots d’événements qui viennent compromettre la crédibilité de ce gouvernement. De plus, le refus de Jean Charest de répondre aux demandes de 80% de la population dans certains dossiers comme celui d’une commission d’enquête publique dans le domaine de la construction, rappelle aux électeurs le scandale des commandites qui hante encore le PLC, comme on peut le constater dans la campagne électorale fédérale.

Le mal est déjà fait

Micheal Ignatieff se bat comme un diable dans l’eau bénite pour relancer le PLC, rien n’y fait. Jean Charest est dans la même situation. Il est même décrété la prorogation de l’Assemblée nationale le 22 février pour faire oublier ses déboires de la dernière années, pour ensuite procéder à l’ouverture de la 2e session de la 39e législature le lendemain, 23 février, mais rien n’y fait. Les deux mains sur le volant mais les yeux sur le rétroviseur, il a dérapé, il a pris le champs. Il ne veut plus regarder en arrière. «Nous allons de l’avant à partir de maintenant», a-t-il dit, à la reprise. Mais le mal est déjà fait, estime un grand nombre d’observateurs politiques. La crédibilité de son gouvernement a atteint le plus faible taux de son histoire. Jean Charest dit qu’il sera encore dans la lutte aux prochaines élections provinciales. Il est à se demander pour quelle formation politique. Car chez les libéraux du Québec, des députés, sous le couvert de l’anonymat, n’hésitent plus à nous dire que d’aucune façon, ils feront campagne aux cotés de Jean Charest. Déjà, dans certaines régions, et à cause de leur chef, ils sentent leur poste de député en danger. Et c’est un secret de polichinelle que le ministre des finances Raymond Bachand et la vice-première ministre Nathalie Normandeau, se livrent déjà à une bataille pour la succession de Jean Charest au PLQ. Et avec le vote de confiance que vient de récolter Mme Marois, la fin de Jean Charest au PLQ est peut-être plus près qu’on pense. Ce dernier multiplie les annonces, multiplie les rencontres, multiplie les promesses, s’accroche même à ce qui s’apparente à de la récupération politique – le dossier du pont Champlain par exemple – rien à faire. Sondages après sondages, les résultats sont les mêmes, une majorité de Québécois a jeté l’éponge, on ne croit plus Charest, quoi qu’il dise, quoi qu’il fasse, quelques soient ses promesses.

Une obsession

Alors, le débat sur la langue et l’affichage au congrès du P.Q. en fin de semaine, deviendra le discours préféré du premier ministre Charest, des ministres et députés du PLQ, une sorte d’obsession. On va entendre “ad nauseam” que le Parti Québécois est noyé par les extrémistes, les radicaux, la droite, les purs et les durs. Une campagne de peur sera mené par le PLQ, une campagne de peur que vient tout juste de lancer l’ancienne formation de Charest, le parti conservateur, à Vancouver, en fin de semaine. Le premier ministre canadien a en effet mis en garde les électeurs. «Le Parti Québécois va reprendre le pouvoir au Québec, et pour défendre le Canada contre ces (méchants) séparatistes, faut que les canadiens se donnent un gouvernement fort, un gouvernement majoritaire, un gouvernement conservateurs», a dit Stephen Harper, en apprenant le score que Pauline Marois a obtenu, lors du congrès du P.Q. Soyez assuré que ce discours sera également celui Jean Charest au cours des prochaines semaines, des prochains mois. Autrement, que lui reste-t-il? Mais qui va le prendre au sérieux? Avec la confiance historique que viennent de lui témoigner les congrésistes en fin de semaine, Pauline Marois sera dans une position très confortable pour faire face aux petites misères de la politique québécoise que lui réserve le gouvernement Charest. Oui, ça va chauffer dans la cuisine de l’Assemblée nationale au cours des prochaines semaines.

Sondage TVRS

Vous êtes toujours de plus en plus nombreux à participer à notre sondage-maison. Nous vous en remercions. Nous n’avons pas la prétention que ce sondage est scientifique, mais il nous donne quand même un excellent portrait de vos opinions sur différents sujets ou dossiers. Ainsi, on vous demandait la semaine dernière, si le choix de Jacques Olivier comme porte parole de la “Coalition Champlain Chanter Quand” était un bon choix, un choix politique ou un mauvais choix. Or, au moment de mettre fin à ce sondage, près de 250 personnes y avaient participé. Et à 74% vous avez répondu que le choix de M. Olivier est un bon choix, tandis que vous étiez 12% à dire que c’est un mauvais choix. Par ailleurs, à 14%, vous dites que ce fut un choix politique. Une fois de plus, merci pour votre participation et on vous invite également à nous faire connaître vos commentaires et suggestions.

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