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Arrêter au filtre, le moucheron, mais avaler le chameau!

| Par Gilles Pétel,
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Les intentions du ministre de la Sécurité publique et du ministre de la Justice du Québec de juger les journalistes qui ont mis à jour le stratagème criminel de l’ex-policier de la Ville de Montréal, la filature et la perquisition chez un journaliste qui dénonçait la facilité avec laquelle on peut mettre la main sur des dossiers médicaux dans un hôpital, pour ne nommer que ces deux cas, m’amènent à me poser des questions. Se dirige-t-on vers un état policier? Au lieu de s’acharner sur les vrais coupables, la police de Montréal et les hôpitaux délinquents, on s’acharne sur les messagers, les journalistes. Comme le disait il y a plus de 2000 ans un homme appelé Jésus, on arrête au filtre le moucheron, mais on avale le chameau! Plus ça change, plus c’est pareil!

Principes essentiels bafoués

Florient Sauvageau, avocat, journaliste et professeur titulaire au Département d’information et de communication de l’Université Laval, affirme que les principes essentiels, la vérification des informations, la transparence et l’indépendance, fondent le journalisme. Et le respect de ces règles est indissociable de la crédibilité et de la confiance qui assurent le maintien d’une entreprise de presse. C’est parce que ces principes ont été trop souvent bafoués aux États-Unis ces dernières années que le public américain a perdu confiance en ses médias. «C’est là, une des causes évidentes de leur déclin», écrit M. Sauvageau, dans un de ses ouvrages sur le journalisme.

Responsabilité ministérielle

De son côté, le président de la FPJQ, Brian Myles, dénonce le ministre Dutil. «Il a banalisé son rôle et joué Ponce Pilate, se présentant en entrevue comme une simple “courroie de transmission” des demandes du Directeur des poursuites criminelles et pénales. Le ministre doit imposer une limite aux enquêtes de la SQ. Cette limite, c’est notamment de ne pas mettre sous écoute les journalistes, de ne pas les contraindre à dévoiler leurs sources, de ne pas s’introduire dans leurs ordinateurs, ni dans leurs relevés de téléphone cellulaire», de soutenir M. Myles. Le pire dans ces histoires, est que l’attitude des ministres Dutil et Moreau et la dernière perquisition chez le journaliste Éric-Yvan Lemay, menacent directement la capacité des journalistes d’obtenir des sources qui acceptent de révéler ce que des intérêts importants cherchent à cacher au public, tout en les intimidant.

Scénario du pire

Pour M. Sauvageau, le scénario du pire est envisageable. Dans un cas, un univers de jeunes journalistes, au statut précaire, pratiquant un journalisme sédentaire et d’un autre côté, quelques médias payants, un monde de journalistes vieillissants, mieux traités, sans doute restés fidèles aux préceptes du journalisme, mais inquiets de leur avenir devenu incertain. Incertain parce que la poussée des nouveaux médias y compris la montée des canaux spécialisés de télévision, la fragmentation des auditoires et de la publicité, malmènent les médias traditionnels. Ajoutez à cela une inquisition policière et il y a de quoi s’inquiéter. «Un scénario plausible permet d’envisager pour bientôt un monde de médias à deux vitesses. Les uns gratuits, la majorité, au contenu bref, factuel et répétitif, les autres, peu nombreux, payants, offrant un contenu plus approfondi, mais voyant malgré tout leurs ressources diminuer à cause de la multiplication des premiers et de la fragmentation des revenus», de conclure Florient Sauvageau.

Sondage TVRS

Notre sondage la semaine dernière portait sur les tractations juridiques à DASH-L. On vous demandait si elles nuisaient à sa réputation et son développement. Alors, c’est sans équivoque. Vous avez répondu oui, et beaucoup, à 76% et un peu à 15%. Seulement 9% des répondants prétendent que cela ne nuit pas à DASH-L. Si on additionne peu et beaucoup, c’est donc presque l’unanimité, soit 91% des participants à notre sondage qui jugent que ces tractations juridiques nuisent à l’image et au développent de l’aéroport de St-Hubert. Merci pour votre participation et continuez à nous faire connaître vos opinions. Pour vos commentaires et suggestions, par courriel : info@tvrs.ca et par téléphone : 450-655-9925.

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