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Abolition des commissions scolaires, plus de questions que de réponses….

| Par Gaetan Morneau,
| Blogue, Les retraités actifs.
| Un commentaire

  Pourquoi M. Legault veut-il les abolir?

On veut abolir les commissions scolaires en  vue, nous dit-on, de réaliser des économies et alléger les structures.  On parle de réaménagements budgétaires au ministère de l’Éducation. Cela reste toutefois très vague.

Le passé est-il garant de l’avenir?

Il y a quelques années, pas si lointaines, on a démembré de nombreuses commissions scolaires. Notre compte de taxes scolaires a-t-il diminué tel que promis? A-t-on un meilleur service?

Qu’on se souvienne des récentes fusions et défusions dans le monde municipal. On préconisait alors « UNE ÎLE / UNE VILLE » en parlant de la Communauté urbaine de Montréal ou la fusion et ensuite la défusion a été basée bien plus sur des visées électoralistes et sur les pressions politiques de certaines municipalités qui n’adhéraient pas à cette notion d’ «une île / une ville ».  Quand on regarde la structure administrative de Montréal, force est de constater que le mode de fonctionnement, mis en place est assez bordélique. Si on parle d’alléger des structures, on devrait peut-être commencer par là M. Legault.

Les fusions des sept municipalités de la couronne sud de Montréal, n’ont pas été motivées par un mouvement populaire. Il n’y avait pas de grandes discussions et de grands débats sur cette fusion. Peu de gens militaient pour une telle démarche. Que savait-on sur les coûts? Elle s’est réalisée, mais à quel prix, augmentation pour ne pas dire explosion du compte de taxes. Quant aux défusions…, n’en parlons pas.  Dans ces opérations de fusion et de défusion a-t-on réellement réalisé des économies d’échelle? A-t-on soulagé le citoyen contribuable? Je ne le pense pas.

Comment va-t-on procéder?

Pour mieux comprendre, posons-nous les questions suivantes : les bâtiments (écoles) et les équipements qui vont les administrer et en assurer la gestion? Comment seront distribués les budgets aux écoles? Et que dire du transport scolaire? Qui va en assurer la coordination? Il ne faut pas oublier ici que le territoire couvert par les commissions scolaires existantes chevauche plusieurs dizaines municipalités et plusieurs centaines si on étend cela à l’échelle du Québec. En d’autres mots comment sera assuré le rôle actuel des commissions scolaires? On n’en s’est rien. ON VERRA…

Une piste à explorer… les municipalités?

Va-t-on confier la gestion des bâtisses et des équipements scolaires aux municipalités? Si oui, ces dernières voudront, sans l’ombre d’un doute, être compensées pour exercer ce nouveau mandat. Les conseillers municipaux voudront voir leurs émoluments augmenter[1]. (J’en vois déjà certains saliver.) Rappelons-nous que, les élus municipaux n’ont pas nécessairement dans leurs préoccupations premières les écoles et leur mission éducative.

Les priorités municipales seront-elles en accord avec les priorités des écoles?

Le personnel des commissions scolaires sera-t-il transféré alors aux municipalités? On sait que les salaires payés dans les municipalités sont supérieurs aux salaires payés dans les commissions scolaires. Le nivellement par la base n’est pas coutume lors de transfert de personnel. Tout le monde sait cela.

M. Legault a-t-il dans l’idée de confier cela aux municipalités? Pour le moment, nous n’en savons strictement rien. Les taxes scolaires seront-elles transférées aux municipalités, si oui alors où seront les économies?

Et si les municipalités ne voulaient pas de ce nouveau mandat…

Il faudrait, me semble-t-il, avoir un « plan B ». Quel est votre « plan B », M. Legault?

La démolition d’un édifice nécessite minimalement : un plan, un échéancier de réalisation et un budget.  À plus forte raison doit-on retrouver ces éléments dans une opération telle que l’abolition des commissions scolaires.

Beaucoup de questions sont sans réponses. ON VERRA, nous dit-on?  Et l’élève dans tout cela?

Gaétan Morneau, retraité

Boucherville



[1] Souvenons-nous ici des augmentations faramineuses des émoluments des élus municipaux lors des récentes fusions municipales.

Un commentaire

À la question «Pourquoi M. Legault veut-il les abolir?», ma réponse de militant à la Coalition Avenir Québec serait :
«Tout simplement pour permettre l’avènement de l’école publique autonome!»

À mes yeux, l’objectif c’est le désir très affirmé de permettre aux écoles publiques de pouvoir se développer de manière autonome à partir d’une démocratie qui part du local vers le régional (plutôt que l’inverse) et d’une possibilité de ramener le lien d’emploi vers l’établissement puisque actuellement ce sont les «portes tournantes» dans nos écoles publiques au Québec. Comment voulez-vous bâtir des équipes-écoles fortes quand vous ne pouvez même pas «engager» votre personnel ?

Au plaisir d’en rediscuter…

Commentaire par Mario Asselin — 18 décembre 2011 @ 13 h 11 min



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