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Une précarité galopante

Une précarité galopante
Franck Michel
le 03 février à 15:15
Lors de billets précédents, nous avons démontré à quel point le contexte actuel était inquiétant pour les artistes et les organismes culturels qui doivent constamment conjuguer avec une précarité galopante. Le Conseil montérégien de la culture et des communications ne fait pas exception. Comme nous vous l’avions déjà annoncé ce printemps, l’ensemble des conseils de la culture du Québec a subi une coupe de 15 % de leur financement au fonctionnement provenant du ministère de la Culture et des Communications. S’ajoutent à cette conjoncture d’importants dommages collatéraux à la suite de l’abolition de plusieurs structures de développement régional, dont les CRÉ, avec lesquelles le CMCC avait construit plusieurs partenariats.
 
Pour pallier ce manque à gagner, nous avons rationalisé systématiquement les dépenses. Malheureusement, ces efforts s’avèrent insuffisants pour boucler l’année avec un budget équilibré. Après avoir étudié divers scénarios, le conseil d’administration et la direction ont pris la difficile décision de réduire les heures de travail, et ce, pour tout le personnel y compris la direction. La situation est semblable dans l’ensemble du réseau des conseils de la culture. Chacun d’entre nous doit mettre en place des mesures de restriction budgétaire qui en plus d’avoir une incidence déplorable sur les conditions de travail et la pérennité des employés, ont inévitablement un impact direct sur nos services, nos actions et nos activités. Nous conserverons cependant toujours le même souci de qualité et d’écoute de vos besoins.

Les paradoxes du gouvernement

Juste avant d’amorcer la rédaction de ce billet, j’apprenais que le gouvernement du Québec allait octroyer 1,7 million $ à Suncor, une pétrolière qui engrange des milliards de profits, pour soi-disant l’aider à réduire ses émissions de GES. Le prétexte : la compagnie remplissait les critères du programme! Eh bien, le milieu culturel et ses travailleurs se porteraient beaucoup mieux si tous les organismes qui remplissent les critères des programmes ne recevaient même qu’un dixième de cette somme. À l’heure où des organismes culturels et communautaires doivent restreindre leurs activités, voire fermer leurs portes, avec les conséquences que l’on sait tant sur la clientèle que sur les travailleurs, ce genre de pratique est tout simplement scandaleuse.

Une année sous le signe de la réorganisation

Restructuration de l’état, remaniement ministériel, révision des programmes de subventions des principaux bailleurs de fonds étatiques, mise à jour de la politique culturelle du Québec, révision du mandat des conseils de la culture, l’année 2016 s’annonce passablement tumultueuse. Pour le CMCC, comme pour la plupart des organismes culturels québécois, cette année sera sous le signe de la réorganisation et de la recherche active de nouvelles sources de financement. Nous avons espoir, à moyen terme, de pouvoir compter sur des revenus supplémentaires, entre autres, par le développement de projets spécifiques. Nous travaillons d’ailleurs à l’élaboration de notre plan d’action 2016-2019. Cet exercice est l’occasion pour l’équipe et les administrateurs de faire le point sur le rôle et le positionnement du CMCC, et de définir les actions que nous souhaitons prioriser pour servir au mieux nos membres et le milieu culturel montérégien dans son ensemble. Quoi qu’il en soit, n’ayez crainte, fort de ses 39 ans d’existence, le CMCC a toujours su faire face aux tempêtes et rester à flot. Ce n’est pas encore cette fois que nous allons chavirer.
 
Franck Michel

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