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Et si Angélil avait été premier ministre?

Et si Angélil avait été premier ministre?
Sebastien
le 18 janvier à 10:30

Le Québec a perdu un de ses grands bâtisseurs la semaine dernière en la personne de René Angélil, dont la contribution au monde culturel a aidé à propulser le Québec sur la scène mondiale. Cet homme avait une vision, il avait un plan et il a su les mettre en œuvre de main de maître pour faire de Céline Dion la première vedette au rayonnement véritablement planétaire de l’histoire du Québec. Que l’on apprécie ou non l’œuvre musical de la diva québécoise, on ne peut nier son succès et l’efficacité redoutable de l’architecte derrière ce succès.

On peut se demander en quoi le Québec d’aujourd’hui serait différent – et très fort probablement pour le mieux – si quelqu’un de la trempe d’Angélil en avait pris les commandes au moment où la province aurait justement eu besoin d’un politicien visionnaire plutôt que carriériste. Or, depuis le début du millénaire, force est de constater que les personnes ayant accédé à la plus haute fonction au sein de l’État québécois n’avaient pas cette qualité, car ils étaient justement des politiciens de carrière : Bernard Landry (premier ministre désigné ayant pris la relève de Lucien Bouchard à la tête du dernier gouvernement péquiste majoritaire qui, depuis, joue très bien son rôle de belle-mère), Jean Charest (premier ministre responsable de l’explosion de notre dette provinciale qui est loin d’avoir laissé la province en meilleur état à son départ), Pauline Marois (première femme à diriger le Québec, oui, mais rapidement chassée du pouvoir par l’électorat québécois tellement son gouvernement était incohérent et manquait de vision) et maintenant Philippe Couillard – monsieur « Austérité à deux vitesses » qui sabre dans les services aux citoyens et fait des victimes sur le terrain (pensons au cas tout récent du centre Mélaric pour toxicomanes), sans pour autant mettre fin au gaspillage éhonté de fonds publics ailleurs et à plus grande échelle, par exemple dans le dossier du Fonds vert, financé par les taxes environnementales les plus élevées en Amérique du Nord depuis des années sous le prétexte fallacieux de lutter contre les changements climatiques. (Et dire que Québec envisage maintenant la possibilité d’imposer de nouvelles taxes « vertes » aux citoyens déjà les plus taxés sur le continent. Depuis trop longtemps, la vision québécoise semble se résumer à taxer et taxer encore sans pour autant que les problèmes se règlent...)

Comme l’affirmait Alain Dubuc dans La Presse samedi dernier (« Le gouvernement qui n’apprenait pas »), <em>un gouvernement qui se lance dans une vaste opération de redressement budgétaire, comme l’a fait celui de M. Couillard, devrait se doter de mécanismes pour réagir rapidement quand le plan de match connaît des ratés, qu’il fait des victimes innocentes ou qu’il a des effets contraires aux objectifs.</em> Mais, pour cela, ça prend un plan, une vision et une réelle volonté d’agir pour sortir le Québec de sa situation peu envieuse. Pour cela, il faut aussi cesser de gouverner en fonction de son objectif personnel de se faire réélire.

Ce n’est pas le fruit du hasard si aujourd’hui le Québec se classe au neuvième rang des provinces en termes de richesse  et recevra, en 2016, plus de 50 % de la péréquation fédérale. Non, c’est le résultat d’une gouvernance au gré des circonstances, axé sur le court terme et des objectifs politiques plutôt que sociétaux, l’œuvre de politiciens davantage préoccupés par leur maintien en poste que par l’assainissement réel et durable de l’État québécois. Et c’est une tendance lourde depuis des décennies. Pendant ce temps, les Québécois font les frais de réformes de toutes sortes, souvent mal réfléchies et pilotées par des ministres aux compétences nébuleuses (au sein de l’actuel conseil des ministres de Philippe Couillard, je pense notamment à François Blais à l’Éducation, à David Heurtel à l’Environnement et à Francine Charbonneau à la Famille – tous trois des ministres médiocres dans la gestion des portefeuilles dont ils sont respectivement responsables), mais la situation globale ne s’améliore pas pour autant et le Québec continue à tourner en rond, voire à s’enfoncer.

Transposez les talents de René Angélil dans un acteur de l’arène politique et imaginez un instant ce à quoi pourrait ressembler le Québec d’aujourd’hui si une vision comparable à celle qu’avait Angélil pour sa protégée avait été mise au service de l’État québécois : des objectifs bien précis à atteindre et un plan réfléchi et bien ficelé pour y arriver. Est-ce rêver en couleur? Probablement, mais il demeure que le Québec a cruellement besoin d’un visionnaire pour en prendre les rênes et le sortir de son marasme. Et Philippe Couillard n’est pas ce visionnaire.


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