TVRS

TVRS

Actualité

Sadia Groguhé a été témoin de discrimination raciale. Texte Denis Bélanger – Courrier du Sud

| 16 février 2012
| Actualités.
| Commentaires fermés

Février est le Mois de l’histoire des Noirs. Cet événement vise entre autres à nous rappeler les combats, parfois sanglants, qu’ont dû mener les gens de cette communauté pour atteindre un statut d’égalité. Le Magazine profite de l’occasion pour raconter le vécu de la députée socio-démocrate de Saint-Lambert, Sadia Groguhé, qui a été témoin à mainte reprises de discrimination.

Sadia Groguhé est née en 1962, à Marseille, de parents algériens. Le climat était particulièrement tendu à cette époque dans l’Hexagone, aux dires de l’élue. Elle se souvient notamment des ratonnades, des évènements teintés à un très haut degré de violence.

«Des Blancs allaient casser la figure des gens de la communauté maghrébine, qui se faisaient appeler des ratons. Plusieurs de nos amis ont subi des ratonnades, raconte-t-elle. Il y avait aussi, dans les années 70, les cités de transit, qui devaient être des maisons temporaires pour les gens, avant qu’ils n’obtiennent un logement ou un HLM. On retrouvait dans ces endroits des Gitans, des Noirs et des Magrébins. On parkait les gens en dehors des villes. Ils n’avaient pas accès aux commodités; c’était des conditions de vie très difficile. C’était en fait de véritables bidonvilles.»

Discrimination professionnelle

La vie semblait toujours difficile pour les gens de la communauté de Mme Groguhé lorsque cette dernière a commencé à fréquenter l’université. Plusieurs étaient victimes de discrimination sur le plan professionnel et avaient de la difficulté à obtenir un emploi. «Quand les gens avaient un nom ou prénom à consonance arabe, ils le changeaient pour le rendre plus européen, dans l’espoir d’être convoqués pour une entrevue d’emploi.»

Sadia Groguhé n’a toutefois pas imité ses camarades. Pour rien au monde n’aurait-elle changé son nom, se disant fière à la fois d’être Française et de ses origines. «J’ai eu la chance d’être appelée pour une entrevue. Il n’y pas eu de discrimination directe à mon endroit. Mais j’ai été témoin de ce type de discrimination (chez d’autres personnes).»

La députée n’a toutefois pas toujours été à l’abri des préjugés. Elle l’a appris lorsqu’elle gardait les enfants d’une dame qui occupait un poste de cadre d’une grande entreprise française. «Cela s’est déroulé quand j’étais à l’université. Je me suis lié d’amitié avec la mère des enfants que je gardais. Un jour, elle m’a dit qu’elle n’aurait jamais cru qu’une personne d’origine maghrébine pouvait faire des études et être comme une personne comme je l’étais. Lutter contre les préjugés peut être toute une gageure. Il n’est pas évident de changer l’idée que l’on se fait d’une autre personne. Le meilleur moyen est d’échanger et de parler de ce que nous sommes et de ce que nous faisons.»

Québec versus France

Sadia Groguhé ne tient pas des propos bien tendres à l’endroit de son pays d’origine, soutenant que la France a échoué sur le plan de l’intégration. Elle estime d’ailleurs que les Québécois sont des personnes beaucoup plus ouvertes d’esprit que leurs cousins français. «Les Français sont chauvins, ça se sent même d’une région à une autre. Imaginez-donc ce que ça peut-être pour les gens d’origine étrangère, maintient la mère de famille, qui demeure dans la belle province depuis 2005. Au Québec, il y a une ouverture pour le respect de la différence et une curiosité à vouloir connaitre l’autre.»

Le monde n’est toutefois pas encore parfait, alors qu’existe toujours une poche de gens qui ont des préjugés. «Oui, les Noirs sont encore victimes de discrimination. Les Arabes sont encore victimes de discrimination. Il faut être alerte et vigilant. Il faut également éviter de mettre en porte-à-faux, comme essaie de le faire les Conservateurs, eux et nous.»

Mois de l’histoire des Noirs

Sadia Groguhé a évidemment tenu elle aussi à souligner le Mois de l’histoire des Noirs, qui est célébré chaque année et reconnu depuis 2006 par l’Assemblée nationale. «C’est un événement qui me tient à cœur. Notre histoire s’est faite de façon assez tragique, soit dans le sang de différents combats. Le chemin que nos ancêtres ont parcouru jusqu’à aujourd’hui fait en sorte que nous sommes les récipiendaires de ces luttes.»

OTTAWA 01- NDP MP Sadia Groguhe talks to fellow NDP MP Rathika Sitsabbaisan before the start of a committee meeting on Parliament Hill in Ottawa , February 9, 2012. Chris Roussakis/QMI Agency

Les commentaires sont fermés.

TVRS se réserve le droit de retirer tous commentaires considérés litigieux.

Imprimé depuis la page : http://www.tvrs.ca/actualites/sadia-groguhe-a-ete-temoin-de-discrimination-raciale-texte-denis-belanger-courrier-du-sud

TVRS

© TVRS, 2011 | Reproduction interdite

Télévision Rive-Sud
7445, Chemin Chambly
St-Hubert (Québec), QC, Canada, J3Y 3S3
www.tvrs.ca